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La déviation de la vallée de Mauldre recalée par la Région
Le contournement de la vallée de la Seine en deux fois deux voies souhaité par le conseil général des Yvelines et son président Pierre Bédier ne fait pas partie des priorités de la région.


Francine Carrière

Le Courrier de Mantes
Publié le:  31 janvier 2007
Page 11 
— Lucien Ferrier (à gauche), notamment avec Pierre Souin, le maire de Marcq, Corinne Lepage, le conseiller régional PRG Eddy Aït, et des opposants lors d’une manifestation organisée à Versailles en juin dernier contre l’A88.

Fin 2006, le président du conseil général Pierre Bédier, initiateur du projet de l’O. I. N. Seine Aval (opération d’intérêt national), avait demandé la réinscription de la voie nouvelle de la vallée de la Mauldre (rebaptisée liaison Seine-Aval Saint-Quentin) à l’avant-projet du schéma directeur régional d’Ile-de-France (Sdrif). Une requête effectuée le 6 décembre dernier dans le cadre des observations du conseil général pour l’élaboration dudit schéma.

Mais voilà que la région a dit « niet » apportant ainsi de l’eau au moulin des détracteurs de cette déviation, notamment les agriculteurs du plateau d’Andelu qui voient d’un mauvais œil ce projet d’axe routier venant couper leur terre en deux.

Aspirateur à camions

Les élus Verts, le conseiller régional Lucien Ferrier en tête, ont pesé sur cette décision : « Clairement, cette déviation ne fait pas partie des orientations et des priorités de la région. Elle n’entre pas dans le consensus entre la région l’État et le département sur les infrastructures à prévoir au Sdrif. La crainte est réelle de voir s’urbaniser une partie du plateau. L’histoire montre qu’à plus ou moins court terme, il y a urbanisation dès que l’on construit un axe routier de ce type », poursuit Lucien Ferrier, qui ajoute : « Cette déviation constituerait une voie ouverte vers le sud du département et aurait l’effet d’un aspirateur à camions. »

Le retard des Yvelines dans les infrastructures est pourtant aujourd’hui un frein au développement économique de l’ouest du département. À cette remarque, Lucien Ferrier répond par la nécessité absolue d’agir contre le changement climatique : « Il faut arrêter la politique du tout routier pour développer les autres modes de transports des marchandises, le ferroutage et les voies d’eau. Toute politique qui n’anticiperait pas dans ce sens serait irresponsable. »

Que propose-t-il aux habitants de la vallée de la Mauldre asphyxiés par la circulation des poids lourds ? « À la place d’une deux fois deux voies, nous prônons un aménagement de la D191 incluant des déviations locales qui permettront d’éviter le cœur des villages », explique-t-il.

Le Sdrif sera examiné en séance plénière du conseil régional les 14 et 15 février.

Pierre Bédier : «J’espère que le bon sens l’emportera»

« La décision n’est pas définitive puisque le schéma directeur d’Ile-de-France sera discuté à la mi-février. J’espère que le bon sens finira par l’emporter car si cette voie n’est pas inscrite au schéma directeur, le projet n’aura pas d’assise juridique et il sera définitivement bloqué », répond Pierre Bédier.

Le président du conseil général estime que la région « veut céder à la pression des sirènes écologistes en faisant preuve d’une méconnaissance totale du terrain ». Selon lui, les petites déviations locales prônées en remplacement de la voie de contournement sont techniquement irréalisables : « La vallée est entièrement urbanisée », rappelle-t-il.

Il pointe également du doigt sur ce qu’il considère être une incohérence : « D’un côté la région demande que nous construisions des logements — sans d’ailleurs participer plus que cela au financement puisque cette année ses crédits sont en baisse — et de l’autre elle nous empêche de réaliser les infrastructures de transports indispensables à l’arrivée de nouveaux habitants. C’est de la politique de gribouille. »

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