Dans un froid glacial, les locataires de la résidence du Parc sont allés rencontrer le maire et ses adjoints, samedi dernier, en se rassemblant devant les portes de la mairie. Ils devaient être une centaine, car tous refusaient qu’une poignée seulement d’entre eux s’exprime sur un sujet aussi important que la rénovation de leur habitat.
Réunions régulières
Le projet de rénovation urbaine, d’un montant de 50 millions d’euros, qui devrait s’étaler jusqu’en 2012, n’a fait que raviver des tensions déjà perceptibles entre la municipalité et les habitants de ce quartier social. Ils considèrent ne pas être consultés et être mis à l’écart de toute décision.
Guy Jeanne, maire de la commune, estime avoir informé du mieux possible ses administrés de l’état d’avancement du projet, « par le biais de nombreuses réunions publiques et de tracts conformément à la loi sur la communication des collectivités territoriales (les premières études de réaménagement ont été présentées aux membres de l’association des locataires le 19 décembre 2005, puis le 24 mars 2006, le 30 mars 2006 à l’ensemble des résidents, le 4 avril 2006 à l’ensemble des habitants d’Ecquevilly, enfin une plaquette récapitulant les informations nécessaires à la compréhension du projet a été distribuée aux Ecquevillois, NDLR) ». Depuis l’été dernier, le projet suit son cours mais le projet de rénovation affiné n’a toujours pas été remis aux élus et a fortiori pas encore présenté au conseil municipal. Notons, qu’une réunion est déjà prévue avec les Ecquevillois en mars 2007.
« Nous avons été honnêtes sur les coûts que le programme de rénovation allait engendrer », a ajouté Guy Jeanne. « La société HLM n’appartient pas à la commune, c’est auprès du bailleur qu’il faut protester. C’est bien gentil de tout remettre sur le dos des mairies ! », s’est-il aussi défendu. « Il ne faut pas oublier que, par exemple, 200 000 euros ont été déboursés pour l’aide aux devoirs des quartiers difficiles. On est ici pour écouter et conseiller si on le peut, mais une municipalité n’a pas tous les pouvoirs ! », a conclu le maire.
Face à lui, le président de l’association des locataires, Ciré Diallo, a reproché le manque de soutien de la commune dans leur combat contre le bailleur Domaxis, dont le calendrier des rénovations inquiète. D’après les locataires encore, le bailleur impose un rattrapage de charges exorbitant sur trois ans… Ce coup de colère a été l’occasion aussi d’évoquer les problèmes de l’emploi ou de l’insécurité : « Notre cité est à l’abandon, dans l’ombre. Nous avons besoin de médiateurs, la journée tout comme le soir, pour maintenir l’ordre. Nous ne pouvons pas le faire seuls. Nous aimerions également du soutien pour l’emploi des jeunes qui ne demandent qu’à travailler, avoir un coup de pouce. »
Guy Jeanne, ayant pris note de toutes les remarques qui lui ont été adressées et pour apaiser les esprits, a réclamé la photocopie des charges de ceux qui le souhaitent pour les présenter au sous-préfet. Il devrait également tenter de trouver avec le bailleur un autre local de bureau que celui qui leur a été proposé, car il était prévu initialement que les membres de l’amicale des locataires le partagent avec une autre association.
« Ce n’est pas la première ni la dernière fois que nous nous entretiendrons sur ces sujets », a promis Ciré Diallo avant de repartir. La démolition de 202 logements et la reconstruction de 149 nouveaux logements sont à venir. Cinquante-sept appartements ont déjà été rasés à la résidence du Parc et 41 ont été reconstruits en centre-ville.
Claire Boulland






