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144 élèves intoxiqués au collège Mercier
Le plan rouge a été déclenché vendredi après-midi au collège privé Mercier. Après le déjeuner, les élèves ont été pris de maux de tête et de ventre, les uns après les autres. Près d’une vingtaine ont eu des vomissements. Quatre-vingts pompiers et trois équipes médicales du Samu ont pris en charge les enfants. Après avoir été examinés, ils ont tous pu rentrer chez eux le soir même. L’intoxication était réelle, mais sans gravité.
Le Courrier de Mantes
Publié le:  24 janvier 2007
Page 6 

Vers 17 heures, les premiers élèves quittent le collège pour rejoindre leurs parents.

Vendredi sur le trottoir du boulevard Gambetta, en face du collège privé Mercier, les parents se sont regroupés. L’inquiétude se lit sur les visages. « Cela fait une heure et demie que j’attends. Donnez-moi des nouvelles de ma fille. On m’a dit qu’elle était sur la liste des enfants malades », supplie Valérie une mère de famille auprès d’une policière municipale. « Il y a un manque d’information. Quand on voit un dispositif pareil, on ne peut que s’inquiéter », ajoute une autre mère. Des parents qui ont assisté à la première séance d’information organisée vers 14 h 45, au foyer municipal par Bruno Gurzeler, le chef d’établissement, et le Dr Jourdain, directeur des secours médicaux du SAMU 78 tentent de rassurer leurs voisins.

Mais il faut reconnaître que les moyens déployés sont impressionnants. Le plan rouge a été déclenché vers 14 heures. Le boulevard Gambetta est fermé à la circulation de la place Brigitte-Gros jusqu’au foyer municipal. Les pompiers ont afflué de tout le département et même du Val d’Oise accompagnés de trois équipes médicales du SAMU. Le cortège des ambulances stationnées devant les portes du collège ajoute au côté dramatique de la scène.

Maux de tête et vomissements

À Meulan, la nouvelle s’est répandue comme une traînée de poudre. « Il y a une intoxication alimentaire à Mercier ! ».

Effectivement une heure et demie seulement après le premier service, des élèves ont commencé à ressentir les quelques symptômes inquiétants. « Dans ma classe plusieurs élèves sont sortis pour vomir », raconte une élève. « J’ai mangé au second service. Tout le monde disait que le riz avait un goût bizarre, comme de l’eau de javel. Dans mon assiette, ça allait et comme j’avais très faim, j’ai mangé une grosse assiette de riz. Une heure plus tard, j’avais un mal de crâne terrible », raconte Robin, 11 ans.

Un, puis deux, puis trois, les uns après les autres les élèves ont commencé à demander à sortir de classe parce qu’ils ne se sentaient pas bien. Très rapidement, le directeur du collège Bruno Gurzeler alerte les services sanitaires de l’académie (lire ci-dessous).

« On a commencé à voir les pompiers arriver vers 14 heures. Dans le collège, il y avait de plus en plus d’élèves malades. Beaucoup vomissaient. On a essayé de se rassurer entre nous », témoignent Carole et Natacha.

Tandis que les secours prennent en charge les élèves les plus mal en point, on installe les autres dans le réfectoire. Mais bientôt la salle n’est plus assez grande on ouvre alors une salle de permanence.

Au total 144 élèves sont examinés et placés sous surveillance médicale au sein de l’établissement. Deux enfants sont même transportés aux urgences de l’hôpital de Poissy. « J’ai préféré les mettre en observation à l’hôpital parce qu’ils présentaient des signes allergiques mineurs », explique le Dr Jourdain.

« Pour l’ensemble des élèves il s’agit d’une intoxication alimentaire légère ayant provoqué principalement des maux de tête et des maux de ventre », ajoute-t-il.

À 16 h 30, les élèves qui n’avaient pas été malades ont pu quitter l’établissement. A partir de 17 h 30, ceux qui avaient récupéré de leur malaise ont été remis un par un à leurs parents avec une séance d’information et quelques consignes de surveillance pour le week-end.

Vers 20 heures, tous avaient rejoint leur domicile.

Reste maintenant à savoir si le riz au goût bizarre est le responsable de cette intoxication. Ce sont les analyses de la Ddass qui le diront.

Bruno Gurzeler, le directeur du collège : « L’impression d’avaler de la poussière »

Bruno Gurzeler, le directeur du collège privé Mercier-Saint-Paul, est revenu lundi sur les événements du vendredi. Il raconte : « Comme les élèves, j’ai moi aussi mangé à la cantine. Lorsque je suis descendu, j’ai entendu qu’il y avait un problème avec le riz. L’employée de la cantine était d’ailleurs en train d’appeler le prestataire de service, Partenaire, avec lequel nous travaillons pour la deuxième année. Les enfants ont parlé de goût d’eau de javel dans le riz. Effectivement, il n’était pas bon. J’ai plutôt eu l’impression d’avaler de la poussière. Une délégation d’élèves est même venue me trouver. Au même moment, trois élèves ont montré les premiers signes d’intoxication. On est rapidement arrivé à sept élèves malades. J’ai immédiatement alerté le médecin de l’inspection académique puis la Ddass m’a contactée. Entre-temps, les premiers pompiers étaient arrivés. Le “plan rouge” a été déclenché. Il a été hyperefficace. 144 élèves, chiffre recensé par les pompiers, ont été examinés par un médecin. Heureusement, tous ont pu rentrer chez eux vendredi soir, même les deux qui ont été hospitalisés. »

En attendant les résultats des analyses de la Ddass, « d’ici deux ou trois jours » estimait Bruno Gurzeler lundi, le directeur a suspendu le contrat qui lie son établissement à Partenaire. « Nous n’avions jamais eu de problème avec eux avant ce jour. Par mesure de précaution, Scolarest nous fournit les repas pour le moment. J’ai travaillé avec de nombreux prestataires différents. Comme souvent, ils n’ont pas forcément bonne réputation auprès des enfants mais je ne crois pas que Partenaire soit moins bon que les autres. Avec la livraison en liaison froide, ce n’est forcément pas la même qualité de restauration que lorsqu’on cuisine sur place. »

L.V.

La société de restauration : « Nous jouerons la transparence »

Quelques heures après le début de l’intoxication, Olivier Roussel, le PDG de la société de restauration Partenaire s’est rendu sur place. « Ce même repas préparé dans notre cuisine centrale à Sannois a été servi à 2 000 personnes sur une vingtaine de sites différents. Nous n’avons constaté aucun problème ailleurs. On peut donc supposer que l’incident s’est produit à Meulan », explique-t-il. Au menu vendredi, il y avait de la salade de choux et carottes râpés, de l’avocat mayonnaise, du saumon à l’oseille accompagné de riz et des fraises.

Sur le principe de la liaison froide, les repas confectionnés à Sannois sont acheminés par camion frigorifique au collège le matin entre 8 heures et 9 heures. Ils sont stockés en chambre froide, puis réchauffés sur place par une équipe d’employés de restauration de l’entreprise Partenaire. « L’équipement de conditionnement et de réchauffage du collège est aux normes », précise Olivier Roussel qui promet de jouer la transparence. : « Nous n’avons rien à cacher. Nous serons transparents dans cette affaire. La production de nos repas est très encadrée. Nous sommes suivis par un cabinet spécialisé, un hygiéniste et un médecin diététicien. Nous sommes prêts à organiser une réunion avec les parents pour leur dire ce qui s’est passé quand nous aurons les résultats des analyses. S’ils le souhaitent, ils pourront visiter la cuisine centrale. »


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