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La photo de la campagne électorale est déjà prête. |
Ancien journaliste (Paris-Mantes, L’Équipe TV et… Le Courrier), Guillaume Quévarec a débarqué en politique en poussant une porte, celle de la section mantaise du PS. C’était en 1999. « Je voulais passer du statut de soutien passif à celui d’acteur. C’était un engagement naturel, j’ai toujours adhéré aux idées socialistes », raconte le jeune (33 ans) père de famille (deux enfants) né dans la commune. Il relance alors les jeunes socialistes, abandonne sa carrière de journaliste et devient directeur de cabinet d’Annette Peulvast, à Mantes-la-Ville, pendant trois ans avant d’être chargé de mission auprès de la communauté d’agglomération de Cergy où il s’occupe de communication. « Je me forme », glisse-t-il dans un sourire. On devine ses ambitions : reprendre à l’UMP un fief où règne depuis plus de dix ans Pierre Bédier.
« Après les claques de 2001 et 2002, le PS se trouvait au fond du trou. Nous n’étions plus qu’une vingtaine dans la section », reconnaît-il. Philippe Calmette, conseiller municipal et ancien membre de l’équipe Picard, décidait de prendre du recul et les clés lui étaient confiées. Aujourd’hui, il annonce 150 adhérents.
Secrétaire de la section depuis 2002, il est un des principaux soutiens locaux de Ségolène Royal. « Deux choses me tiennent particulièrement à cœur si elle est élue : l’organisation de référendums sur les questions du droit de vote des étrangers aux élections locales et du mandat unique des parlementaires. » Son credo : « Associer les gens aux prises de décision. Il faut les former, leur expliquer les étapes d’une prise de décision. C’est notre responsabilité. » Sur le terrain, les socialistes ont commencé leur travail de consultation, en organisant des réunions en petit comité. Les propositions viendront plus tard, comme pour Ségolène Royal. « C’est une nouvelle manière de faire campagne. Il y a un énorme travail d’écoute à terminer. Les responsables du parti voudraient qu’on entre dans une phase de propositions mais je pense que Ségolène a raison de se tenir à son calendrier. Il ne faut pas se précipiter et proposer uniquement ce qu’on pourra faire, des promesses qu’on pourra tenir. »
Procès Huchon : « J’attends de voir le jugement »
Au niveau local, une première esquisse pourrait être dévoilée samedi 27 janvier à 11 heures au siège de la section, à l’occasion des vœux du PS de Mantes-la-Jolie. Il se tiendra aux côtés de Françoise Descamps-Crosnier, maire de Rosny et candidate PS aux législatives.
Avant d'être force de proposition, Guillaume Quévarec a aussi choisi d’adopter une stratégie très offensive face à ses adversaires. Il fut l’un des premiers à réclamer la démission de Pierre Bédier, président du conseil général et député de Mantes, après sa condamnation en correctionnelle « sans attendre l’appel. » « J’ai parlé en tant que porte-parole de la section de Mantes, pas au nom de la fédération des Yvelines », précise-t-il.
Aujourd’hui, Guillaume Quévarec monte à nouveau au créneau. Les vœux du maire de Mantes-la-Jolie, lors desquels Pierre Bédier a une nouvelle fois clamé son innocence, l’ont énervé. « Pierre Bédier a la mémoire courte. Il prétend que c’était la première et la dernière fois qu’il s’exprimait sur la justice française. C’est totalement faux. Il l’avait déjà fait en janvier 2001 lors de sa mise en examen dans le cadre des marchés publics de l’Opievoy. » Il avait alors été blanchi. « En janvier 2005, au gymnase Lucan, il avait encore critiqué la justice qui enquêtait sur Val Services en lui demandant de se concentrer sur les vrais délinquants. Ce type de comportement est indigne d’un élu de la République. La justice est indépendante, elle juge au nom du peuple français. »
Il critique aussi les deux vœux pour la France formulés par Pierre Bédier : la lutte contre le réchauffement climatique et la réduction des déficits de la France. « C’est le principe du “Faites ce que je dis mais surtout pas ce que je fais”. Dans ces deux domaines, Pierre Bédier, Michel Vialay (le maire) et son équipe ont fait exactement l’inverse. La dette de la ville a explosé entre 1995 et 2005 et leur dernier effort de réduction est ridicule : 500 000 euros alors qu’elle atteint 69 millions d’euros, soit 1 500 euros par habitant contre 1 000 pour la moyenne nationale des villes de mêmes strates. À ce rythme il faudra 139 ans pour désendetter la ville. Et en matière d’environnement, le bilan de la ville est nul. Elle vient juste de lancer une réflexion sur des diagnostics énergétiques. »
Guillaume Quévarec ne dit pas ce qu’il fera en cas de condamnation de Jean-Paul Huchon, le président socialiste du conseil régional, poursuivi comme Pierre Bédier devant le tribunal correctionnel. « J’attends de voir le jugement », confie-t-il.






