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L’usine emploie aujourd’hui une cinquantaine de salariés handicapés.

Environnement. APR2 déconstruit… et fait des petits
L’entreprise de déconstruction de matériel électronique a fait du chemin depuis sa création au Village d’entreprises, il y a quatre ans. Une usine comparable à celle de Bonnières ouvre en Rhône-Alpes. Ses patrons ont aussi décidé d’investir dans la recherche de matériaux nouveaux.
Le Courrier de Mantes
Publié le:  24 janvier 2007
Page 26 

Les plaies de l’incendie du printemps dernier sont effacées. Des 500 kg quotidiens d’ordinateurs et autres télécopieurs démontés intégralement, APR2 en reçoit 200 tonnes chaque jour aujourd’hui. Ses ateliers protégés qui employaient une poignée de travailleurs handicapés à ses débuts, en comptent désormais une bonne cinquantaine. Sans les intérimaires.

Le chiffre d’affaires ? Il a progressé de 30 % depuis l’ouverture de l’usine en bord de Seine pour atteindre désormais les 2,28 millions d’euros sur la seule activité de recyclage.

Avec un répertoire de clients qui compte plus de 700 noms, Marie-Christine De Ponthaud n’est pas peu fière d’annoncer qu’elle traite avec « les trois-quarts des entreprises du CAC 40 ». France Telecom est d’ailleurs un bon client, surtout depuis l’explosion du marché des téléphones mobiles.

Lames de parquet, manches à balai

Prospère malgré de lourds investissements pour le lancement de l’activité - le ticket d’entrée est estimé à plus de deux millions d’euros - APR2 et ses trois patrons associés ont retrouvé des couleurs. Les réalisations et les projets, loin d’être dans les cartons il y a quatre ans, ne manquent pas.

La « petite » société collabore aujourd’hui avec son voisin Iton Seine auquel elle fournit vingt tonnes hebdomadaires de métaux transformés en fer à béton.

Une unité de démontage comparable à celle de Bonnières doit par ailleurs ouvrir prochainement à Saint-Cyprien (Rhône-Alpes) et employer sept personnes d’ici la fin de l’année « et vingt-quatre dans trois ans ».

Plus inattendue, à entendre la responsable, la recherche est devenue un secteur d’investissement qui doit, à terme, donner une nouvelle vie aux nombreuses formules de plastiques qui passent sur ses lignes de déconstruction.

En créant la filiale Nactiv, APR2 s’est associée à un ingénieur plasturgiste, un partenaire spécialisé dans le bois et s’est aussi attaché les services de l’université de Poitiers pour imaginer de nouveaux matériaux composites.

« Celle-ci nous permettra de maîtriser complètement la filière. Les matériaux issus de ces recherches permettront de fabriquer des lames de parquets, des manches à balai, du mobilier de jardin, etc. », projette Marie-Christine de Ponthaud.

On peut être pionniers et avoir une mission sociale. APR2 semble réussir le pari. Ce fleuron des entreprises locales ouvre ses portes mercredi 24 et vendredi 26 janvier, au Village d’entreprises, route départementale 113. Visites de 10 heures à 12 heures et de 14 heures à 16 heures.

Scepticisme sur l’Ecotaxe

L’efficacité de cette contribution pour l’élimination des déchets d’équipement électriques et électroniques, ou plutôt des circuits de recyclage de ces appareils, ne convainc pas APR2 qui a récupéré un marché de métaux. Selon Marie-Christine de Ponthaud, le dispositif profite surtout à des « éco-organismes » gérés par des associations dont ça n’était pas le métier a priori, mais aussi à des « grands des déchets » qui auraient retenu la voie du « tout broyage » et, de fait, de stockage avant retraitement. « Or, quand on broie, on ne récupère rien. »

Le chef d’entreprise soupçonne aussi des envois des matériaux pour retraitement à l’étranger. « Nous achetons les produits 300 euros la tonne. Eux la prennent à 60 euros. À ce prix-là, ils ne peuvent pas être traités en France. »


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