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Mostafa Marrakachi montre l’état du carrelage. |
Face au quartier de la cité Renault, inscrit au périmètre de la rénovation urbaine, existe une autre cité dont on parle peu. Le bâtiment de la rue Léo-Lagrange, construit dans les années 50, appartient à l’Opievoy. Presque cinquante ans après, les intérieurs des appartements sont très dégradés. Nous avons contacté le bailleur qui annonce qu’une réhabilitation de ce bâtiment est prévue dans les prochains mois. Cette réhabilitation sera même accompagnée d’une résidentialisation. Nous n’avons cependant pu obtenir la date exacte du début des travaux.
Insalubrité
Au 1 rue Léo-Lagrange, nous sommes reçus dans un appartement de quatre pièces loué 400 euros par Mostafa Marrakachi. Ce locataire se plaint de gros problèmes d’humidité sur les murs, et les tuyauteries fuient. En effet, en pénétrant dans le logement, on respire mal et l’odeur de moisissures est forte.
« Les ventilations sont défectueuses, les murs sont couverts de champignons. Et je ne peux rien faire contre cette humidité, même en aérant tous les jours», explique le locataire.
Dans la salle de bain, ce n’est pas mieux, le lavabo est complètement branlant et risque de se desceller, tandis que les carrelages sont eux aussi moisis.
« Un expert est venu constater tout cela», raconte Mostafa Marrakachi. « J’ai dû changer la cuvette des toilettes à mes frais. Pour le reste, je ne suis pas en mesure de remettre l’appartement aux normes», explique-t-il. Mostafa Marrakachi pointe du doigt les boîtiers électriques hors d’âge et les tuyauteries.
Services d’hygiène
Nous montons ensuite chez le voisin du dessus. Les conditions de résidence sont presque plus préoccupantes chez lui. L’inspecteur des services de santé et d’hygiène est passé faire une inspection des lieux et a rendu un avis sans nuances sur l’insalubrité du logement. Il fait état de moisissures sur les murs et sous la moquette de deux chambres ainsi que dans la pièce principale. « L’insalubrité des lieux provoque des crises d’asthme», se plaint le locataire M. Aouis.
En visitant à notre tour l’appartement, nous constatons que dans une chambre, le montant de la fermeture de la fenêtre n’a pas été changé, et que les deux battants sont constamment ouverts aux quatre vents. « Il faut coincer la fenêtre. Au moindre courant d’air, le froid et la pluie rentrent dans la chambre à coucher !», complète-t-il, désolé. Dans cet appartement, la salle de bains est plus récente que chez M. Marrakachi car l’occupant a remplacé le carrelage et changé la baignoire à ses frais (pour environ 4500 euros).
M. Aouis a aussi dû, à son tour, se résoudre à faire quelques travaux en fonction de ses moyens, et a notamment changé l’évier de la cuisine. « Ces travaux sont normalement à la charge du bailleur», souligne l’association Action pour tous qui vient de créer une section dans ce quartier.
Les locataires devront aussi patienter encore avant de voir les débuts de la réhabilitation.




