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2 900 logements à bâtir dans le Mantois d'ici trois ans
Historique : l’agglomération mantaise se lance dans un programme de construction de logements sans précédent depuis l’édification du Val-Fourré. Mais rien à voir avec la politique des grands ensembles. Il s’agit de réaliser dans la diversité des opérations petites ou moyennes (comme Mantes Université) et de répartir l’effort sur l’ensemble du territoire du Mantois. Le programme s’étalera sur trois ans. En 2008, près de 3 000 logements sont ainsi livrés ou en cours de construction.


Francine Carrière

Le Courrier de Mantes
Publié le:  27 décembre 2006
Page 2 

Le Courrier de Mantes : Vous avez expliqué lors d’un récent conseil de la communauté d’agglomération de Mantes-en-Yvelines, que le logement était devenu la priorité numéro 1 des habitants du Mantois. Vous avez aussi parlé d’une prise de conscience des élus. Mais celle-ci n’est-elle pas un peu tardive ?

Dominique Braye : Non, car n’oublions pas que notre plan local de l’habitat intercommunal prévoyait déjà la construction de 450 logements par an de 2002 à 2007. C’est déjà considérable. L’agence d’urbanisme du Mantois estimait même que c’était au-dessus de ce que l’on pourrait faire, compte tenu des problèmes financiers et fonciers. Nous avons conscience du problème depuis longtemps. Mais il faut savoir comment on en est arrivé là. A la fin des années quatre-vingt-dix et au début des années 2000, on n’a pas suffisamment construit. Durant cette période, pour la première fois en France, on a construit moins de 40 000 logements sociaux par an. L’Ile-de-France était d’ailleurs l’un des plus mauvais élèves. Quel que soit le type de logement, il n’y avait pas au niveau national une volonté de construire. Ce déficit dure depuis une quinzaine d’années et mène aujourd’hui à une situation d’explosion de la demande. D’autre part, tous les instituts de prévision avaient très mal anticipé l’évolution sociétale avec l’accroissement des familles monoparentales, les problèmes de décohabitation, de vieillissement de la population. Chez nous, le phénomène de pénurie a été amplifié par le fait que nous menons deux politiques en même temps. Nous faisons de la construction, mais aussi de la démolition dans le cadre de la rénovation urbaine.

Justement, la rénovation urbaine avec les reconstructions qui suivent la démolition des tours à Mantes-la-Jolie et Mantes-la-Ville fait-elle partie du programme que vous venez d’annoncer ?

Bien sûr, ces 2 900 logements présentent notre capacité de construction totale pour la période 2006-2008. C’est un rythme d’au moins 900 logements par. Cela représente un effort énorme. Il va falloir que tous les acteurs se bougent. Et que les entreprises puissent répondre à la demande des élus. Ce qui n’est pas évident.

Comment allez-vous tenir le rythme ?

Les 2 900 logements dont nous parlons, sont ceux pour lesquelles nous avons signé le CDOR sur les années 2006, 2007, 2008. Nous prenons en compte ce qui a été construit en 2006. Pour 2007 et 2008, nous avons demandé aux élus de nous faire des propositions volontaristes. Mais ils les ont faites en connaissance des projets qu’ils ont à très court terme. Il faut 3 à 4 ans pour réaliser une opération. Il s’agit donc d’une prise en compte volontariste, certes, mais réaliste des projets de chaque commune. N’oublions pas que la Camy et le département ne peuvent faire qu’impulser par des moyens financiers et un soutien technique. Le droit des sols et le pouvoir de délivrer des permis restent aux maires.

« Une aide aux maires bâtisseurs »

Parmi les outils pour impulser une politique volontariste du logement, il y a le CDOR mis en place par Pierre Bédier (lire ci-dessous) et voté à l’unanimité du conseil général. Que représente ce dispositif dans le cadre de la politique communautaire ?

Certains maires qui souhaitaient construire n’en avaient pas la possibilité. Pour des raisons financières, ils étaient dans l’incapacité de prévoir des réserves foncières et les équipements publics nécessaires à l’arrivée de populations nouvelles. Le financement du CDOR est un signe fort en direction des maires. On leur dit : « Messieurs, si vous voulez construire, l’aspect financier ne doit plus être un problème pour vous. Nous vous aidons à mettre à niveau vos équipements publics.» Pour la Camy, cela va être une aide supplémentaire aux maires bâtisseurs.

Le projet du CDOR, qui correspond à votre programme local de l’habitat a pour objectif de « redimensionner le parc social dans la perspective d’un ambitieux projet de renouvellement urbaine ». Pouvez-vous expliquer ?

Il s’agit de rééquilibrer l’offre de logement social sans pour autant la diminuer. Au niveau de l’Agence nationale de rénovation urbaine, nous sommes l’une des seules agglomérations, je tiens à le dire ici, à démolir des logements dans la ville centre et à reconstruire à la périphérie. ? Nous démolissons à Mantes-la-Jolie qui compte près de 50 % de logements sociaux pour dédensifier le quartier du Val-Fourré, changer son image et nous reconstruisons des logements sociaux à Buchelay, à Magnanville, à Porcheville, à Buchelay, à Follainville-Dennemont, à Rosny, dans toutes les communes qui sont prêtes à le faire pour jouer la dynamique de l’agglomération.

On entend dans certaines petites communes de la CAMY et de la périphérie monter une inquiétude devant la construction de logements sociaux sur leur territoire. Que leur répondez-vous ?

C’est une crainte légitime dans la mesure où les gens qui ont choisi d’habiter dans une petite commune y sont allés pour le cadre de vie. Par contre, c’est une crainte du passé. Les maires qui se sont lancés ces dernières années savent que la construction de logements sociaux n’a plus rien à voir avec ce qu’elle était autrefois. D’abord logements sociaux, cela ne signifie pas logement de cas sociaux. Il faut déjà faire la différence. Ensuite, il faut savoir que 66 % de nos concitoyens peuvent avoir accès de par leurs revenus au logement social et même 80 % si l’on prend en compte les PLS, prêts locatifs sociaux. C’est-à-dire que 80 % de la population au niveau national et même sûrement plus ici dans le Mantois peuvent avoir accès à ce type de logement. Les maires qui véhiculent ces discours de crainte dans les petites communes n’assurent même pas le logement de leurs jeunes qui sont obligés d’aller dans les communes des maires qui, eux, construisent du logement social alors qu’ils souhaiteraient bien souvent s’installer dans la commune où ils ont grandi. Même problème pour les personnes âgées qui ne peuvent plus vivre en pavillon. Ces maires ne répondent pas aux besoins de leur population. Ils sont à côté de la réalité.

Il n’y a pas que les maires qui s’inquiètent, il y a aussi la population.

À Buchelay, ceux qui ont le plus manifesté quand j’ai construit les premiers logements sociaux, sont ceux qui un an après sont venus me demander d’en faire un peu plus pour pouvoir loger leurs enfants. Les gens réagissent parfois selon leurs impulsions et en fonction d’idées préconçues. C’est aux élus d’aller vers leur population pour leur expliquer ce qu’est réellement aujourd’hui le logement social.

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