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La ville accueille l'Acjam, le club de prévention spécialisée
La mairie de Mantes-la-Jolie a annoncé à l’Acjam (Association des clubs de jeunes de l’agglomération mantaise), son déconventionnement. Le siège social va déménager à Limay.
Le Courrier de Mantes
Publié le:  27 décembre 2006
Page 18 

Abasourdis sont les membres de l’ACJAM. « On ne s’en remet toujours pas», raconte Evelyne Nonat-Truong, présidente de l’association. La mairie de Mantes-la-Jolie a décidé de ne plus travailler avec l’association et a ainsi annoncé son déconventionnement et par là même son déménagement.

1000 jeunes suivis

L’ACJAM, implanté au Val-Fourré, est une association, qui, depuis 30 ans, s’est spécialisée dans l’accompagnement social des jeunes en échec scolaire et professionnel. Les éducateurs vont à la rencontre des jeunes dans les quartiers, dans les cafés, dans les rues. Jusqu’à présent, 34 personnes y travaillaient sur trois secteurs: Mantes-la-Jolie, Mantes-la-Ville et Limay. Près de 1000 jeunes sont actuellement suivis de près ou de loin par les éducateurs. «Nous suivons certains jeunes de façon régulière et d’autre plus occasionnellement. Le principe c’est la libre adhésion, en garantissant l’anonymat», précise Véronique Récamier, directrice de l’association depuis 2003.

L’annonce de déconventionnement a aussi beaucoup marqué les jeunes. « Ils ont été très affectés par cette situation. Il a fallu les rassurer, leur expliquer», ajoute-t-elle.

Une association bien implantée

La mairie invoque desproblèmes « de fonctionnement et de management» pour expliquer sa décision. Mais Véronique Récamier souligne que « des comités de pilotage sont mis en place avec les institutions pour définir les orientations de chacun. Ce que nous faisons très bien avec les deux autres mairies. Curieusement, la mairie de Mantes-la-Jolie n’a jamais accepté ces comités de pilotage».

86 jeunes suivis à Limay

Condamnée à partir, l’association va donc installer son siège social à Limay dès le mois de mars. L’association y est bien implantée avec trois animateurs. Mais Véronique Récamier précise que, «même si Limay n’échappe pas aux difficultés nationales concernant l’emploi, le logement, les difficultés financières… Il n’y a pas plus de problèmes qu’ailleurs. Nous avons de très bons contacts avec la mairie. Mais nous ne déménageons pas là-bas parce qu’il y a un besoin plus important».

L’implantation de l’ACJAM prend pourtant beaucoup d’importance à Limay après les incendies qui ont provoqué une onde de choc dans la commune. En 2005, 86 jeunes ont été suivis à Limay. Des actions partenariales ont été mises en place pour développer une relation de confiance et éducative au travers d’actions aussi variées que le soutien à la parentalité, Courons ensemble contre le Sida, les chantiers éducatifs, l’atelier football…

L’ACJAM n’est peut-être pas la solution pour régler les problèmes des jeunes mais elle a le mérite d’y faire face et d’avancer. Lui mettre des bâtons dans les roues, c’est condamner un patient travail d’écoute, de partenariat et de prévention. «Aujourd’hui, près de dix personnes qui travaillaient à l’ACJAM n’ont toujours pas retrouvé de travail. L’association a explosé. Il nous faut maintenant repartir à zéro», soupire Véronique Récamier.

Mais qu’on se le dise, Véronique Récamier et Evelyne Nonat-Truong préviennent: «L’ACJAM n’est pas morte».


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