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«L’Etat m’a tué » : une façon d’illustrer le drame de ces foyers lourdement endettés à cause de la sécheresse. |
Dans les Yvelines, la situation évolue presque semaine par semaine mais seulement 78 communes touchées par la sécheresse bénéficient pour l’instant du régime de “ catastrophe naturelle ”, alors que le désastre est d’une autre ampleur. C’est ce que les trois cents manifestants, défendant leur département et même parfois leur commune (comme les vingt familles de Rambouillet !), sont venus dire aux chefs des différents groupes politiques représentés à l’Assemblée nationale.
Mercredi, deux délégations, seulement, ont pu être reçues au Palais Bourbon, l’une par le chef de cabinet de Jean-Louis Debré le président de l’Assemblée nationale, l’autre par le parti socialiste.
Christine Boutin vice-présidente UMP du conseil général des Yvelines et députée de Rambouillet, Pierre Cardo député-maire UMP de Chanteloup-les-Vignes et Nathalie Kosciusko-Morizet députée UMP de l’Essonne, des soutiens des sinistrés, assistaient à la première entrevue.
Les délégations ont réitéré leur demande de classement de tous les dossiers de sinistrés en “ catastrophe naturelle ”, et la prise en charge par les assurances.
Michel Romero, le président de l’association des sinistrés de la sécheresse des Yvelines (ASSPB78) estime que « la solution sortira de l’Assemblée nationale».
Vers 14 heures 30, très vite, la petite place Edouard Herriot s’est remplie. Venus des départements de grande couronne parisienne (Yvelines, Esssonne, Val d’Oise, Seine-et-Marne), des départements de l’Allier, du Loiret, du Pas de Calais, d’Ardèche, d’Indre-et-Loire, du Var, et même des Pyrénées orientales ( !), 300 manifestants bien encadrés par les policiers ont stationné pendant plusieurs heures devant le Palais Bourbon, en brandissant leurs pancartes, pendant que les délégations étaient reçues à l’Assemblée : “ Eté 2003, on l’a sec ! ”, “ L’Etat n’assure pas, les assurances non plus ! ”, pouvait-on lire sur les panonceaux.
Loterie
L’un des sinistrés, un habitant de la commune de Gazeran, près de Rambouillet (Yvelines), témoignait : « J’ai dû vendre ma maison pour des raisons familiales. J’ai perdu 183 000 euros à la vente à cause des dégâts de la sécheresse. Au bout du compte, je ne bénéficie même pas des aides exceptionnelles de la préfecture (ndr, Afin d’élargir l’aide aux foyers ne bénéficiant pas du régime de catastrophe naturelle, l’Etat a débloqué 218,5 millions d’euros), et j’ai les créanciers à mes trousses !»
Justement, une habitante de Morainvilliers dénonçait plus tard la loterie de l’attribution des aides exceptionnelles (hors “ catnat ”) aux sinistrés. « Ma maison est dans le même état que celle de mon voisin qui habite le même lotissement que moi, à 20 mètres...», témoigne-t-elle. « Je subis un affaissement de toute la structure. Il va falloir que je fasse appel à un architecte, des études de sol préconiseront peut-être de consolider les fondations. La préfecture m’attribue une enveloppe de 20 000 euros alors que mon voisin qui a les mêmes dégradations devrait toucher 40 000 euros. Où est la logique ? Tout cela est décidé sans aucune étude de sol préalable. Cela n’a pas de sens !»
En France, 7 400 communes situées sur des terres argileuses ont souffert des mouvements de sols (rétractation) après l’été 2003. Des dizaines de milliers de maisons ont été touchées : fissures, affaissements, risques d’effondrements. À ce jour, seulement 4 400 communes ont été reconnues en zone de catastrophe naturelle, ce qui permet aux personnes sinistrées d’être indemnisées par les assurances.
Le rassemblement de mercredi a au moins permis d’avancer d’un pas dans la fédération des sinistrés au plan national.
« Cela s’est fait tout seul, et on a réussi à faire parler de nous dans les médias.» Les associations de sinistrés de la sécheresse prévoient d’autres actions, mais le calendrier des élections ne joue pas forcément en leur faveur. Et certains envisagent d’utiliser l’arme du bulletin de vote comme un moyen comme un autre de se faire entendre. Les associations prévoient de réunir des délégations au plan national le 14 janvier prochain.
Un chiffre
Dans les Yvelines, 111 communes ont été concernées par la sécheresse. Seulement 78 ont bénéficié du régime de “ catastrophe naturelle ”.






