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La turbine à vapeur. |
« C’est un événement historique pour EDF, la première étape d’un grand programme industriel», s’est félicité Pierre Gadonneix, le PDG d’EDF l’autre mardi alors qu’il assistait à la remise en service de la tranche 2 de la centrale thermique (elle en compte quatre dont deux étaient mises en sommeil). « Après quinze ans sans mise en route de ce type, c’est une réussite, une réalisation essentielle pour la sécurité de l’approvisionnement du pays. Réactives et flexibles, les centrales thermiques sont particulièrement adaptées pour répondre aux besoins en période de forte consommation d’électricité, comme lors des vagues de froid», a poursuivi le PDG devant un parterre d’élus locaux.
Cette remise en service, dont les travaux ont commencé il y a 18 mois, va renforcer la capacité de production du site de Porcheville de 600 MW. En 2008, lorsque la tranche 1 aura elle aussi été remise en route, la centrale atteindra une puissance totale de 2400 MW. Le tout commandé par des salles entièrement numérisées, et alimenté par un fioul « à très très basse teneur en souffre» qui permet « de diviser par deux les émissions de dioxyde de souffre.» Et avec, désormais, 195 agents sur le site de Porcheville, ce qui réjouit Dominique Braye, le président de la CAMY. « Il s’agit de trente emplois supplémentaires pour la région.»
Laurent Delabroy, le directeur de la centrale, a répondu aux inquiétudes exprimées par la CGT (voir encadré) concernant la remise en service de la tranche 1 : « Sur l’amiante, nous avons aujourd’hui une politique de prévention à outrance. Il faut reconnaître que ça n’a pas toujours été le cas. Sur l’implication du tissu local, nous faisons appel à des sociétés de la région dès que c’est possible. Mais nous avons la volonté de travailler localement, notamment en créant des chantiers d’insertion. » Quant à la question de la sous-traitance, un autre directeur a confié : « EDF a signé avec les fédérations syndicales un accord qui renforce les opérations de contrôle et rappelle, dès l’appel d’offres, les réglementations en vigueur en France. »
La CGT : « Le tissu local n’est pas assez impliqué »
Responsable syndical CGT de la centrale de Porcheville, Philippe Magnier, annonce qu’il sera très attentif à la remise en service de la tranche 1 de la centrale EDF. « On a l’expérience de la tranche 2, qui vient d’être remise en service, et on souhaite que ça se passe mieux pour la prochaine. Toutes les entreprises qui ont travaillé sur le chantier de la tranche 2 ne l’ont pas fait dans les meilleures conditions de sécurité. Normalement, un agent EDF doit superviser à vue les entreprises sous-traitantes mais ça ne se fait pas. Et nous sommes très attentifs au désamiantage. Rappelons qu’un de nos camarades est mort en activité à cause de l’amiante et que six autres sont malades.»
Et Philippe Magnier explique encore : « Le tissu local n’est pas assez impliqué à notre avis. Alors qu’on avait des chaudronniers dans la région, plusieurs entreprises ont disparu dans les années 90. Il y avait alors 270 agents EDF à Porcheville. Aujourd’hui, on en compte 180. Et puis, il n’y a pas assez d’hôtels dans la région pour héberger tous les sous-traitants.»
40 millions d’euros ont été investis pour les remises en service de la tranche 2, arrêtée depuis 1998, et de la tranche 1, arrêtée en 1955 et dont les travaux doivent se terminer en 2008. Seules les tranches 3 et 4 étaient en service jusqu’alors. Les travaux de la tranche 2, qui vient d’être remise en service, ont mobilisé jusqu’à 350 personnes, dont les quarante polonais de l’entreprise ZREW, sous-traitant d’Alstom, retenu par EDF pour ce chantier.
L’affaire
des Polonais
L’affaire des Polonais, porté par l’un d’entre eux et par la CGT, suit son cours devant la justice. Les plaignants estiment que leurs rémunérations ne respectaient pas la convention collective de la métallurgie. Ils touchaient environ 400 euros par mois en rémunération de base, avec une indemnité complémentaire de 40 euros par jour, liée à des indemnités de déplacement et d’hebergement effectives. Le tribunal des prud’hommes s’étant déclaré incompétent, l’affaire est passée devant la Cour d’Appel de Versailles fin novembre. Elle a expliqué que la convention collective devait s’appliquer mais n’a pas jugé qu’il y avait matière à référé. La contestation porte sur le relevé des heures supplémentaires et sur le paiement des indemnités de déplacement. La CGT a donc décidé de porter l’affaire « sur le fond» devant le tribunal des prud’hommes, ce qui laisse augurer de longues années de procédure judiciaire.




