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La ville suspend la subvention de RDC
La séance du conseil municipal, lundi, a été marquée par un débat houleux autour de Radio Droit de Cité. Le maire, Michel Vialay, a annoncé qu’il “suspendait” la subvention à l’association en attendant qu’elle révise ses statuts.
Le Courrier de Mantes
Publié le:  13 décembre 2006
Page 14 

Décidément, jamais RDC n’aura fait couler autant d’encre (voir nos éditions précédentes). Lundi, la radio associative installée au collège Chénier était au cœur du débat du conseil municipal qui votait le budget primitif 2007.

Avant la séance, le président de RDC, Lahbib Eddaouidi, a fait une apparition incongrue dans la salle du conseil pour lire un message adressé à tous les conseillers. Il aurait demandé que cessent les intrusions politiques « de droite comme de gauche» et fait part de son intention de changer les statuts de l’association « pour la rendre démocratique». Son objectif : retirer aux trois membres fondateurs de la radio (créée il y a 17 ans en partenariat avec l’Education nationale mais indépendante depuis près de dix ans) leurs statuts de « membres de droit».

En crise depuis des semaines, l’association est minée par des conflits internes : grève des salariés qui reprochent l’ingérence du président et blocage du conseil d’administration. A ces problèmes, s’est ajoutée une lettre du président du conseil général et ancien maire de Mantes-la-Jolie, Pierre Bédier, qui demande à la radio de quitter ses locaux (pour permettre au collège d’en disposer).

Débat sur les statuts de la radio

Michel Vialay, le maire, a confirmé lundi que la subvention de 5 000 euros versée à l’association était « suspendue». « J’ai découvert que les statuts de l’association étaient non démocratiques. Elle a vraisemblablement l’intention de les modifier et d’élire un nouveau président. On va voir comment elle évolue avant de lui attribuer une subvention. Vous m’interrogiez lors du dernier conseil municipal sur le déménagement des locaux du collège Chénier. Il se trouve qu’il est prévu depuis longtemps (Franck Borotra, l’ancien président du conseil général, le demandait déjà il y a plus de six ans, ndlr). La ville a déjà fait deux propositions de locaux qui n’ont pas été retenues. Je lui suggère aussi de féminiser son conseil d’administration.»

Ce débat sur les statuts de RDC passionne beaucoup de monde. Rappelons tout de même que seuls les adhérents de l’association ont le pouvoir de les changer, s’ils le souhaitent, comme l’a souligné Régine Mouchard : « Ce n’est pas votre rôle de savoir si RDC doit ou non avoir des membres de droit. » Mais c’est vraisemblablement le rôle des conseillers municipaux de les défendre.

“ Patte blanche ”

Marc Jammet (PC) s’est offusqué : « On demanderait à RDC de montrer patte blanche qu’on ne s’y prendrait pas autrement. La subvention est supprimée quoi que vous en disiez. Quant à leurs statuts non démocratiques : vous ne vous en étiez pas aperçu avant ? » Le maire a répondu : « RDC a un budget de plus de 100 000 euros. Je ne veux pas qu’elle disparaisse et ce n’est pas 5 000 euros qui vont la mettre sur la paille. J’attends de voir comment elle évolue. Après tout, peut-être va-t-elle devenir une entreprise privée. »

« Avoir des membres de droit n’est pas une pratique exceptionnelle dans une association, a affirmé Joël Mariojouls. Ils sont trois sur sept, donc ils peuvent être mis en minorité. Le CSA leur donne l’autorisation d’émettre la DDJS a validé leurs statuts. Ils ont une subvention municipale depuis votre arrivée comme maire, c’est une bonne chose, mais laissez-les tranquille. Ils se professionnalisent doucement. Quant aux locaux, il s’agit d’une salle de classe, d’un couloir et deux petites salles où RDC a une histoire. »

Présents lundi soir au conseil, deux salariés de RDC ont attentivement écouté le débat.


Le PS s’inquiète de

la crise à RDC

« Il s’est pas question de faire de l’ingérence dans les affaires de RDC. Ce n’est pas notre rôle», a affirmé Guillaume Quévarec le porte-parole du parti socialiste mantais jeudi soir à l’occasion du lancement du comité de soutien à Ségolène Royal.

« Nous souhaitons que la radio sorte de la crise qu’elle traverse car c’est un outil indispensable à l’expression pluraliste et démocratique. Nous condamnons les pressions et les tentatives d’intrusions diverses», a-t-il ajouté.

Françoise Descamps-Crosnier, le maire socialiste de Rosny, a, elle aussi, souligné la nécessité de trouver une issue au conflit notant le développement que la station avait connu ces derniers temps : « RDC compte un nombre de salariés plus important qu’il y a un ou deux ans. En pleine progression, elle a réussi avec France Inter quelque chose remarquable.» Françoise Descamps Crosnier faisait allusion au journal du matin le “ 7 - 9 : 30 ” réalisé récemment en direct du studio avec Stéphane Paoli. L’émission avait réuni près de 5 millions d’auditeurs.

Au lendemain de cette matinale en direct du Val-Fourré France Inter avait reçu de nombreux témoignages de félicitations et de sympathie.


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