La guerre est déclarée. Depuis plusieurs mois déjà, les troupes s’affairent.
Les deux forces en présence: d’un côté, la Direction départementale des la Poste. De l’autre, deux communes de la région. Communes représentées par Bruno Caffin, maire de Brueil-en-Vexin et Jean-Daniel Béguin, 1er édile de Fontenay-Saint-Père.
C’est La Poste, qui, la première, a déclenché les hostilités il y a plusieurs mois déjà. «Nous avons reçu un courrier qui stipule que notre bureau de poste n’est plus assez rentable. La Poste a l’intention de réduire les horaires d’ouverture», dit Bruno Caffin.
Rentabilité et service public
L’enjeux de la bataille, on l’aura compris c’est l’argent. Selon la Direction de la Poste, les bureaux ne sont plus assez rentables. Mais les communes veulent conserver un service public. Pour eux, la notion de rentabilité est secondaire.
La Poste a voulu réduire les horaires d’ouverture de l’agence de Brueil-en-Vexin à trois heures par jour seulement. Mais selon Bruno Caffin, «si on réduit les horaires, les gens viendront moins souvent. Il y aura donc un manque de rentabilité et La Poste aura une excuse pour fermer le bureau définitivement».
A Fontenay-Saint-Père, c’est le même problème qui se pose : pour le moment l’agence postale est ouverte une quinzaine d’heures par semaine. «Mais il est prévu une réduction importante d’horaires. Nous, nous voulons maintenir le bureau de la Poste mais la direction veut nous proposer d’autres solutions que nous refusons car elles sont inapplicables», affirme Jean-Daniel Béguin.
Proposition de trêve
Première solution : la création du point relais commerçant. Pour le maire de Brueil-en-Vexin, cette solution est inenvisageable car il n’y a plus de commerce dans la commune.
Deuxième solution : la création d’un point Poste à la mairie. Inenvisageable selon les deux maires. «Ça n’est pas possible chez nous», dit Jean-Daniel Béguin. Bruno Caffin, lui non plus, n’est pas d’accord: «Notre mairie n’est pas adaptée pour cela. Et nous souhaitons conserver un professionnel à ce poste».
Alors que faire? Les deux camps campent sur leur position.
Afin de défendre l’agence, le maire de Fontenay-Saint-Père, Jean-Daniel Béguin, a décidé de lancer une pétition pour obtenir le soutien de la population. Pour le moment, 193 signatures sur 400 foyers ont été obtenues. «On espère que cela va convaincre la direction des postes. Et qu’elle va se rendre compte du besoin de conserver le bureau ici», dit-il.
Artillerie lourde
Le maire de Brueil-en-Vexin, quant à lui, a entamé la bataille il y a déjà quelques semaines. Lui aussi avait une proposition assez originale: prendre en charge les heures que la poste veut réduire sur le compte de la mairie. Mais la réponse fut négative. «Ils invoquent le fait qu’il est hors de question de trouver une solution au cas par cas», explique Bruno Caffin.
Alors, il a décidé de sortir l’artillerie lourde. A coup de banderole et de participation de la population. Il demande à tous les habitants de venir le plus possible au bureau de poste pour faire des emplettes et pour augmenter la rentabilité afin de prouver qu’il y a un réel besoin ici. Il a également le soutien des mairies avoisinantes. «La Poste, c’est tout ce qu’il nous reste. Si elle s’en va c’est le village qui meurt, estime Bruno Caffin. On sait qu’ils sont pressés d’en finir mais on compte se battre». La bataille est donc lancée.
Le service public en porte-drapeau,
Et à travers elle c’est la notion même de service public qui est en cause. Pour la direction de la Poste, les agences doivent être rentables. Pour les maires, c’est un service public qui doit être maintenu coûte que coûte. Pour le moment, personne ne semble vouloir céder. La guerre contre La Poste ou quand les maires s’en-vont-en-croisade contre le service public... au nom du service public!




