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Le projet prévoit de rénover totalement les 800 mètres carrés de surface habitable, en conservant l’aspect et la structure du bâtiment. |
La villa Poiret construite par l’architecte moderniste Rob Mallet-Stevens en 1925 est assez délabrée. Les propriétaires successifs n’ont jamais manqué de projets pour la rénover… qui n’ont jamais abouti.
Laurent Brun, professionnel de l’immobilier, a acheté la villa pour la rénover et y habiter. Et la commune de Mézy qui soutient son projet semble cette fois plus confiante : « Pour une fois, j’ai le sentiment que nous avons un projet de réhabilitation sérieux. Le dossier a été soumis aux Bâtiments de France qui l’ont validé», souligne Jean Mallet le maire. La commune de Mézy estime par ailleurs qu’il est « essentiel» pour la conservation du patrimoine local de « redonner vie» à ces bâtiments et à ce site prestigieux.
Créer un hameau
Le programme de travaux envisagé par Laurent Brun vise à remettre en état la villa et le pavillon du gardien. Le projet prévoit aussi un aménagement paysager des terrains situés en vis-à-vis de la villa, de l’autre côté de la route d’Apremont, et la réalisation de petites maisons à la place de l’ancienne ferme située dans la courbe de la route d’Apremont.
Le plan local d’urbanisme a notamment été modifié le 29 mars 2006 à cet effet. « Cette modification a été soumise au débat public et annoncée par voie de presse», ajoute Jean Mallet.
« Cette révision très limitée crée au cadastre une zone NDc face aux Belles vues, entre la sente et la route d’Apremont, elle permet au nouveau propriétaire de faire disparaître les ruines de l’ancienne ferme liée à la villa Poiret (ndr, environ 1600 m2)», confirme le maire de Mézy. « Ces ruines taguées sont devenues aussi le lieu de trafic en tous genres.» À cet emplacement seront construites plusieurs petites maisons divisées en appartements, avec des toits en terrasse végétalisés, destinées à la vente ou à la location, selon le propriétaire. Et à croire Laurent Brun, leur style architectural devrait rappeler celui de la villa. « Il semble important de reconstituer un petit lieu de vie dans la côte du Gibet, en retrouvant une sorte de hameau à cet endroit», poursuit la mairie de Mézy.
L’emprise globale des constructions sera de 20 % maximum de la superficie du terrain, et les maisons seront limitées à un rez-de-chaussée et un niveau. Ces nouvelles habitations seront invisibles de la villa.
Enfin, le nouveau propriétaire de la villa Poiret s’est engagé à ouvrir la propriété chaque année au public pour les Journées du patrimoine.
Repères historiques
Le célèbre couturier Paul Poiret avait commandé cette belle demeure à Mallet-Stevens, mais ne l’habita jamais. Commencé en 1924, le chantier s’arrêta l’année suivante. Son propriétaire ruiné, écrit en 1929, depuis la maison de gardien qu’il occupe provisoirement : “ Je possède les seules ruines modernes qui existent ”. En 1930, la villa fut vendue à la comédienne Elvire Popesco. Elle avait été rendue habitable en 1938 par l’architecte Paul Boyer qui l’a transformée notamment en lui donnant cet aspect de paquebot, renforcé par des fenêtres rondes comme des hublots.
La villa a été inscrite à l’inventaire supplémentaire des Monuments historiques le 21 décembre 1984.






