Olivia Ruiz est la fille des paris gagnés. Elle ne voulait pas qu’on garde en tête la star’académicienne. Pari réussi. Elle avait fait le pari de réunir des stars sur son premier album. Pari réussi. Sur J’aime pas l’amour, sorti en 2003 elle réunit En maniant Damia, les Pires et les Têtes Raides, et mêle la chanson réaliste, le folk et le rock le tout dans un creuset catalan.
Du tempérament
Dans la bagarre, on avait presque oublié que la Catalane use ses boots sur toutes les scènes depuis presque dix ans !
Question de tempérament et de caractère et la demoiselle a déjà montré dans le passé qu’elle ne manquait ni de l’un ni de l’autre. Et voilà comment, du sud de la France, on quitte sa vie d’avant mais sans rien renier. Au contraire, en revendiquant le maximum pêle-mêle papa Didier, maman, les grands-parents espagnols, l’adolescence difficile, le petit frère, la Catalogne, Tonton André, l’extraction populaire, Piaf et le rock’n’roll.
Mi-femme, mi-enfant
Ceci étant réglé, il restait à Olivia Ruiz à envisager la suite. Elle s’appelle La femme chocolat, quatorze titres tendres et violents, poétiques et triviaux, rigolos et détachés, tous, sans exception, à l’image de leur interprète. Une Olivia Ruiz déterminée plus que jamais tenant les rênes de la production, organisant elle-même le casting des musiciens et des réalisateurs. La patronne, c’est elle. Sur J’aime pas l’amour, elle n’avait signé qu’un seul titre, La dispute.
Avec La femme chocolat, elle réitère et marque définitivement celui-ci de son empreinte d’auteur compositeur.
Samedi 16 décembre aux Mureaux. Mais elle s’offre surtout une belle rencontre. Celle avec Mathias Malzieu, elfe malicieux et chanteur des Dionysos. Ils se sont rencontrés à un concert d’Olivia où elle lui proposa de réaliser un clip sur Le Tango du qui, une chanson de son premier album. Avec Olivia, Mathias trouve une muse capable d’incarner pleinement les contes farfelus qu’il écrit, met en scène et qu’elle s’appliquera d’ailleurs à “ruizifier”. Mathias Malzieu deviendra finalement coréalisateur et coproducteur de l’album au côté d’Alain Cluzeau, célèbre pour son travail avec Bénabar et Thomas Fersen.
Olivia Ruiz, fille impossible, mi-femme, mi-enfant qui force au néologisme autant qu’à allégorie aime à mettre de l’huile sur le feu, à rapprocher les contraires, à saupoudrer la passion.
Professionnelle, déterminée et rigoureuse, elle sait aussi, à l’évidence, faire battre les cœurs.
Olivia Ruiz, impossible à saisir ? On essaiera tout de même, samedi 16 décembre.
Olivia Ruiz au Cosec des Mureaux, samedi 16 décembre à 20h30. Tarifs : 20 €, 19 € et 16 €. Renseignements au 01 30 91 47 41.
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