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Azouz Begag a participé à plusieurs tables rondes devant un public de 150 à 200 personnes. |
Le ministre de “ l’égalité des chances ” est venu aux Mureaux vendre de la “ diversité sociale ” dans l’entreprise. Il participait à une énième étape du “ tour de France de la diversité ”, en compagnie de Claude Bébéar le président du conseil de surveillance d’Axa. On doit au super patron l’initiative de la “ charte de la diversité ”.
Lors de chaque étape de ce tour de France, comme ce fut le cas mercredi, des entreprises signent cette charte, les engageant à promouvoir un recrutement mieux en phase avec le visage de la société française en 2006. Plusieurs tables rondes étaient aussi organisées avec des responsables de recrutements et des directeurs de PME.
Étonnant toutefois de constater combien les jeunes étaient très peu nombreux à venir rencontrer le ministre, et la salle des habitants était remplie essentiellement de représentants d’institutions diverses et de chefs d’entreprises. Lors d’une rencontre avec des jeunes Muriautins et des associations (deux ou trois tout au plus), au premier rang une fratrie entière, la famille Camara, semblait avoir été dépêchée en urgence pour faire nombre devant le ministre. Un détail qui n’a pas échappé à Azouz Begag.
Dans la fosse
Le contact facile, ce dernier a montré qu’il n’était pas avare d’échanges avec le public. En interrompant ainsi la rencontre formelle, pour discuter avec ces jeunes en proie aux discriminations, c’était le thème de la rencontre, il a pu prendre la mesure du fossé qui s’élargit entre les intentions d’en haut et les réalités d’en bas.
Souvent confrontés aux préjugés en raison de leur adresse et parfois de leurs origines, les jeunes des quartiers défavorisés sont toujours démunis, mal informés, et il paraît difficile de briser cet isolement sans un coup de pouce extérieur. Cette rencontre imprévue a permis d’établir ce constat.
Un des trois frères Camara âgé de dix-huit ans a participé aux “ passeports citoyens ”, un genre d’ initiation républicaine purement muriautine, il racontait ses difficultés à approcher le marché du travail. « Il y a des entreprises qui ne veulent pas prendre de noirs !», lançait-il au ministre incrédule : « Il y a vraiment des chefs d’entreprises qui vous disent ça ? Appelez la Halde !». Les jeunes des Mureaux ont donc appris mercredi l’existence de la Haute autorité de lutte contre les discriminations, présidée par Louis Schweitzer l’ancien patron de Renault.
Un autre jeune, toujours dans la famille Camara, avec une formation de pâtissier, témoignait n’avoir jamais mis la main à la pâte depuis l’obtention de son diplôme, alors que le secteur pâtissier recrute. Étonnement du ministre encore une fois. Il y a bien quelque chose qui cloche entre offres et demandes qui ne se rencontrent jamais, « il y a bien une situation insensée !», lâchait Azouz Begag, allant de déconvenue en déconvenue : « venez à nos jobdating !»
Moment fort, plus tard, une autre jeune juriste, diplômée d’un master avec un handicap reconnu COTOREP, évoquait, elle aussi, sa galère tournant au désespoir, pour décrocher un entretien d’embauche. Et prenant son courage à deux mains, la voix tremblante, cette dernière se levait prestement de sa chaise pour distribuer son curriculum vitae à la tribune ministérielle où siégeaient le préfet, Claude Bébéar, le maire des Mureaux, le député, et un sénateur des Yvelines.
Réactifs, les diplômés en attente d’emploi n’ont pas raté cette occasion. À la fin, Claude Bébéar s’engageait même à mettre la jeune juriste en relation avec une entreprise. Bien joué !
L’initiative du “ tour de France de la diversité ” a montré à quel point la situation est ardue, pour cette population qui n’a pas le bon carnet d’adresses. Claude Bébéar concluait, lui, tout en nuance : « 80 % des gens issus de l’immigration travaillent. Pour les jeunes Gaulois, la situation n’est pas plus facile...»
11 recrutements au « job dating »
Comme dans toutes les villes étapes, un jobdating était organisé dans une salle attenante à la salle du colloque, à l’initiative de l’ANPE et de tous les partenaires de la politique de l’emploi aux Mureaux. Le « job dating» permet aux demandeurs d’emploi et aux employeurs de se rencontrer lors d’un face à face informel de 10 minutes. À l’issue, sur 80 candidats, 21 ont été retenus pour des entretiens plus approfondis, et 11 ont été recrutés directement dont 2 travailleurs handicapés.
Un site à consulter : www.diversite-emploi.com




