|
A la gauche de Guy Poirier, Jean-Baptiste Eyraud, le président du DAL. |
Il faut préciser que le problème des “ sans-domicile fixe ” fait partie des préoccupations de la municipalité avec le foyer d’accueil du “ Relais de Thun ” à proximité, qui a toujours été soutenu par la ville. Les fondateurs du foyer étaient d’ailleurs présents vendredi soir au foyer pour cette nouvelle causerie : le docteur Dominique Descout , directeur du Relais et responsable de la Croix Rouge et Jean-Michel Maucolin, directeur de l’Association “ Aux captifs, la Libération ”.
Un problème de reconnaissance
On a d’abord rappelé quelques chiffres alarmants concernant les démunis. La France compterait en 2006, 86 000 sans domicile fixe, trois millions de mal logés, qui vont jusqu’à vivre dans leur voiture, dans les bois ou sur le bord des routes. Les “ Restos du Cœur ” auraient servi l’an dernier 70 millions de repas, 3,5 millions personnes vivent avec le minimum social et on comptabilise 1,250millions de personnes percevant le RMI, c’est le triste constat de la misère en France… Face à cela , que fait-on ? Qui sont les travailleurs sociaux et les bénévoles qui donnent de leur vie pour aider les autres ? Que font les politiques ? Comment fonctionnent les associations ? Autant de questions qui ont été abordées lors de ce débat.
À l’origine du problème, il y a d’abord une question de perception de la personne en difficulté, un problème de reconnaissance de la société. C’est ce que voulait montrer Jean Deniau, ex journaliste-reporter, qui durant six mois a vécu l’expérience de la rue : « Après trois nuits passées dans la rue sans se laver, les gens ne font plus attention à vous, ne vous regardent plus», d’où l’importance de l’action des travailleurs sociaux qui permet de redonner confiance et dignité aux démunis. Et le docteur Dominique Descout d’ajouter : « Notre société est en mal d’amour.» Patrice Driens de la Fondation Abbé Pierre allait dans ce sens en précisant qu’ « au Moyen Age, on appelait les SDF “ les demeurant partout”, ce qui était nettement moins dévalorisant.»
Sur le problème du logement, les différents intervenants n’étaient d’ailleurs pas d’accord, chacun exposait ses méthodes. Jean-Baptiste Eyrault , président de Droit au Logement (DAL) part du principe que le logement est le fondement de la dignité, « sans logement, on est rien». Et il se bat depuis de nombreuses années pour assurer aux démunis un droit au logement. Il mène notamment des actions fortes pour la réquisition de certains logements vides, ce qui permet aux personnes victimes d’expulsion (100 000 jugements d’expulsion chaque année) de se mettre à l’abri un temps. Jean-Baptiste Eyrault constate qu’ « il y a une crise du logement en France, une flambée des loyers dont les bailleurs profitent et une situation qui se dégrade avec de plus en plus d’expulsions, notamment avec les lois Sarkozy». Face à cela le DAL agit et demande qu’un “ droit au logement opposable ” soit adopté en justice. Il ajoute que selon un sondage, « 83 % des Français seraient pour une régulation des loyers en France, ce qui veut dire que les candidats à l’élection présidentielle devront se saisir du sujet durant la campagne électorale.»
La misère sociale est d’ailleurs souvent une question politique. Patrice Driens de la fondation Abbé Pierre rappelle qu’« il y a une flambée dans la construction du logement», mais que « seulement 10% de ses logements sont des logements sociaux.»
Gaëlle Casellato




