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Devant ses pancartes de protestation, Marcel Grudé montre la pétition des habitants de la Nouvelle-France. |
« La municipalité n’écoute pas ce que pensent les habitants du quartier ! », fulmine Marcel Grudé. « Financièrement, on nous dit que ce sera intéressant pour la commune, mais les voisins du crématorium respireront des fumées à 50 mètres à la ronde… » Que se passe-t-il dans le quartier de la Nouvelle France ? C’est un petit vent de fronde qui souffle depuis quelques jours contre le projet de réalisation d’un crématorium en 2008 dans ce quartier résidentiel. Une pétition lancée par un riverain a déjà recueilli 800 signatures.
Cet équipement qui sera construit dans un espace boisé situé derrière le cimetière sera unique dans le département. La société des Crématoriums de France, qui possède déjà neuf installations dans l’hexagone, en aura la charge. Sa capacité de crémation pourra aller jusqu’à 2 000 par an, conférant à l’équipement une envergure régionale.
Marcel Grudé s’est opposé dès le début à ce projet. Sur des pancartes tournées vers la rue Jean-Mermoz, on lit “Non à la mort et à la désertification de la Nouvelle France, Non au crématorium zone à protéger”.
Marcel Grudé s’inquiète notamment des rejets nuisibles des fumées et de l’ambiance du quartier « où défileront les convois mortuaires ». « Je ne comprends pas pourquoi la ville veut faire ça en plein quartier d’habitations », peste-t-il dénonçant aussi le déboisement de la parcelle sur laquelle sera édifié le crématorium : « elle est inscrite en zone UV sur le plan local d’urbanisme, c’est une zone à protéger ! », souligne-t-il.
800 signatures
Une rapide enquête dans le quartier confirme le mouvement d’opposition au projet.
Susie, 38 ans, habite au 50 rue de la Nouvelle France. Elle habite dans une résidence face au terrain du crématorium : « je ne sais pas si on a besoin d’un équipement si gros, et je crains qu’on prenne toutes les fumées dans la figure », déclare-t-elle. Ali, 60 ans, résidant du foyer Sonacotra, a peur que la fumée des crémations véhicule « des maladies ». À cause de ses convictions religieuses, il est « contre ». Mohammed, 57 ans, habite dans le même foyer. Il est prêt, prévient-il, à « dormir 24 heures sur 24 devant le bois lorsque les travaux commenceront… » Amadou, son voisin, voit d’un mauvais œil le fait que la rue Jean-Mermoz devienne, déclare-t-il, « la rue de la mort » : De son côté, le maire des Mureaux, François Garay, a commencé à recevoir les riverains de la rue Jean-Mermoz afin de les rassurer, il est prêt à organiser des visites de crématoriums à Evreux ou même Annecy. Samedi, il rencontrait l’initiateur de la pétition, Marcel Grudé. « Le projet de crématorium se fera ! », maintient François Garay, que nous avons joint au téléphone, vendredi. « La société des Crématoires de France a produit des études qui montrent qu’il n’y a pas de pollutions à craindre », assure-t-il. « Dans les pays anglo-saxons, ce type d’équipement est très courant et ça ne pose pas de problèmes. »
Il s’agit peut-être simplement d’éduquer les riverains à une pratique mortuaire de plus en plus en vogue…
L’ampleur de la pétition qui a été présentée au maire (800 signatures) ne devrait donc pas faire reculer la municipalité. « Il faut faire la part des choses entre les habitants qui sont contre et ceux qui sont opposés à la crémation pour des raisons religieuses. Quoi qu’il en soit, les habitants pourront inscrire leurs remarques pendant l’enquête publique », ajoute le maire des Mureaux.
Les riverains opposés au projet ont le soutien de l’association SOS Environnement, ils pourraient décider de recourir à la justice pour faire entendre leur point de vue.
Le projet
S’étendant sur environ 900 m2, l’ensemble de la réalisation comprendra le crématorium proprement dit, avec un salon d’accueil des familles, une salle des remises des urnes et de visualisation, deux salles de recueil et un salon de retrouvailles, et une partie technique composée d’une salle de transfert des cercueils et d’une dernière salle qui pourra recevoir deux fours.






