Gagner ? Les deux jeunes hommes n’en font pas leur obsession. « Dans ce rallye, ce n’est pas l’esprit de compétition pur et dur qui domine, déclare le Mondrevillois Damien Jouneau. On espère surtout que les concurrents, tous étudiants comme nous, aillent jusqu’au bout.»
De fait, comme il sied à toute bonne chasse au trésor ou à tout chemin initiatique qui se respecte, c’est bien la façon de parvenir à leurs fins et à surmonter les difficultés qui les aiguillent.
« C’est vrai que l’on a parfois connu un peu de découragement, explique Loïc, étudiant à l’école Sup Info à Paris, car mener à bien cette entreprise demande un engagement personnel et financier conséquents. La recherche de sponsors, par exemple, pour une opération dont le coût est de l’ordre de 7 500 € nous est vite apparue éprouvante.»
Lorsque, sur deux cents courriers envoyés, dix-sept répondent et trois seulement par un “ oui mais ”, il y a de quoi douter.
Aider les enfants
« Au départ, plusieurs équipages de l’école étaient d’ailleurs prévus pour participer. Au final, nous sommes les seuls encore en lice, constate Loïc. Les multinationales s’impliquent dans ce genre de projet uniquement si elles savent qu’elles auront un retour suffisant en matière de notoriété et de clientèle. De fait, nous allons désormais nous tourner vers les entreprises locales pour tenter de boucler notre budget.»
Fort d’une éducation humaniste et pragmatique, le duo veut aller au bout de son objectif.
Et l’objectif, c’est avant tout l’acheminement d’une cinquantaine de kilos de matériel scolaire à l’attention des enfants déshérités de la ville de Fès.
« Au bout d’un temps, on se rend compte que la passion des sports mécaniques ne suffit pas», commente l’œil vif Loïc.
Ils ont beau se passionner depuis tout jeune à l’automobile, réussir à s’engager dans ce 4L Trophy reste avant tout une question de détermination et de croyance.
« C’est vrai que l’opportunité d’aider ces enfants, de leur apporter un plus en matière d’éducation, voire de joie de vivre, s’est imposée comme la principale source de motivation.»
Les deux pilotes ne pensent d’ailleurs pas connaître de grosses difficultés pour rassembler le demi-quintal de fournitures scolaires.
Auchan Buchelay et le quotidien Le Monde devraient apporter le matériel scolaire, une autre association, docteur Souri deux ordinateurs portables.
Bellier enfonce
les portes
« Et si cela ne suffit pas, on pourra compter sur un partenariat avec la commune de Bréval.»
Loïc et Damien remercient aussi leur banquière, « Angélique Bellier, qui, avec son mari, a cru en nous et nous a constamment soutenus. Elle tente d’ailleurs actuellement de rassembler des dons de particuliers.»
Des subventions nécessaires pour pouvoir rallier les 6 000 km qui séparent Paris de Marrakech, ville d’arrivée du rallye raid, dans une 4L. Un véhicule qui s’il est réputé increvable, n’est pas forcément dédié à ce genre d’exercice d’endurance dans le désert. Cela aussi fait partie de l’aventure.
Régis Blondel
Site Internet : http ://www.youffsen4l.fr
Association Youffs en 4L.
Tél. 06 87 54 07 15.
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