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Dalle du Val-Fourré. L'échec de la vidéosurveillance
Le système de vidéosurveillance installé en 2001 sur la Dalle du Val-Fourré ne fonctionne plus depuis février 2004. Jugeant les frais de fonctionnement trop lourd, les copropriétaires ont cessé de payer. Un constat d’échec que le maire réfute. Il annonce la relance du projet d’extension de la vidéosurveillance sur le reste de la ville.


Ludovic Vincent

Le Courrier de Mantes
Publié le:  08 novembre 2006
Page 13 
— Installées sur la Dalle en 2001, les caméras de videosurveillance ne fonctionnent plus depuis 2004.

En février 2002, un “Big Brother Award” était remis à la ville de Mantes-la-Jolie par un “commando” accompagné de militants de la gauche alternative locale en plein conseil municipal. Couvert par les caméras de Canal + (feu le Vrai Journal de Karl Zéro), l’événement avait fait du bruit.

Un an auparavant, un centre de surveillance avait été installé dans le “cube”, à côté de la mairie de quartier. Il permettait le contrôle par vidéo et l’enregistrement permanent des espaces extérieurs de la Dalle et du parking souterrain du centre commercial Mantes 2 (accessible par la rue Bretonneau).

Près d’un million d’euros investis

L’investissement qui avait permis de réaliser le poste de contrôle s’élevait à 6 160 000 francs (près d’un million d’euros), un montant pris en charge par les partenaires du Grand Projet de Ville et par l’Union Européenne dans le cadre du programme Pic Urban. La gestion du dispositif et son coût de fonctionnement étaient confiés à l’Union des syndicats qui regroupe l’ensemble des partenaires privés (les copropriétés du centre commercial) et publics (la mairie, l’EPAMSA,) de la Dalle.

C’est aujourd’hui un secret de polichinelle. La vidéosurveillance ne fonctionne plus « depuis février 2004 », selon l’EPAMSA. « Les copropriétaires ont dû juger que le coût du fonctionnement était trop élevé par rapport à son efficacité ».

Il fallait en effet payer au moins deux salariés chargés de surveiller les écrans. Le nouveau responsable (arrivé en juillet) de Fontenoy Immobilier, qui a la gestion de la copropriété du centre commercial Mantes 2 depuis fin 2004, ne savait même pas qu’un système de vidéosurveillance avait existé. « Nous n’avons pas de grosses difficultés financières et on sent une volonté de trouver des solutions adaptées pour assurer la sécurité des commerçants et de leurs clients mais il faut reconnaître qu’il existe des incompréhensions entre les copropriétaires. C’est un souci de communication. »

Une extension était prévue en 2005

L’histoire de la vidéosurveillance ne s’arrête pas là. Fin 2003, la ville votait une extension prévue pour le début de l’année 2005. Le projet, estimé à 585 300 euros (58 530 euros pour la ville, le reste pour l’État et la région), prévoyait la surveillance de la gare, les places Dunant, Briand, de Lattre, les carrefours des axes Bretonneau et Clemenceau, Ronsard et Doret, Sully et Nungesser, de Gaulle et Diderot, Camus et Garennes, la clinique, le rond-point de l’hôpital et le boulevard Roosevelt. Fin 2006, le projet n’a toujours pas vu le jour. Le maire Michel Vialay (voir l’encadré) annonce qu’il est prévu dans le budget de 2007.


Ce qu'en pensent les commerçants

Plusieurs commerçants nous ont confié leur sentiment sur la vidéosurveillance. Ils sont partagés entre les locataires, qui regrettent l’arrêt du système, et les propriétaires, qui soulignent son inefficacité.

« La vidéosurveillance n'a jamais servi à appréhender quelqu'un. Elle est inefficace », assure un commerçant copropriétaire du centre commercial Mantes 2.

Un autre, locataire celui là, estime qu'elle avait un rôle dissuasif. « Mais quand un locataire paye ses charges, il ne sait pas si son propriétaire les paye de son côté. On veut de la sécurité, mais on a aucune assurance que les prestations sont payées. »

«Je pense qu'il vaut mieux avoir une vidéosurveillance », assure un troisième, un peu étonné.

« Je paye des charges à l'EPAMSA pour le nettoyage. Je pensais que la vidéosurveillance en faisait partie. »

Dans les méandres de la Dalle, où on trouve plusieurs copropriétés, des institutions, des indépendants, même les premiers intéressés se perdent. Et la faillite de la vidéosurveillance n'est pas la seule conséquence de ce "bazar". Il n'y a plus grand monde qui sait qui a la charge de quoi.


Michel Vialay : « Je crois à l’effet dissuasif du système »

Le Courrier : En février 2001, un système de vidéosurveillance était installé sur la Dalle du Val Fourré. Il a coûté plus de 6 millions de francs et ne fonctionne plus depuis février 2004, vraisemblablement parce que les partenaires publics, dont la mairie, et privés (les différents copropriétaires de la Dalle) ont cessé de payer les frais de fonctionnement. Comment expliquez-vous cet échec ?

Michel Vialay : Je ne crois pas qu’on puisse parler d’échec et je ne suis pas certain que le chiffre que vous avancez soit juste. On était parmi les premiers à installer la vidéosurveillance. On a essuyé les plâtres et on en a tiré des enseignements. Sur le fonctionnement : on ne peut pas mettre des gens 24 heures sur 24 derrière les écrans. C’est ce qui coûte cher. On doit aussi réfléchir sur les lieux où sont installées les caméras et sur leurs angles de vue. Mais je reste persuadé qu’il s’agit d’un système efficace. Il est avant tout dissuasif. Si c’était un échec, nous n’aurions pas un projet d’extension sur le reste de la ville. Et ce n’est pas parce qu’il n’y a plus personne derrière les écrans que vous pouvez dire que les caméras sur la Dalle n’enregistrent plus rien. On ne peut pas dire non plus qu’il n’ait jamais servi à résoudre des affaires. Personne n’a accès aux enquêtes de police.

Le projet d’extension a été adopté en conseil municipal fin 2003 et il était annoncé pour le début de l’année 2005 avec la surveillance de nombreuses rues et places dans toute la ville. Pourquoi n’a-t-il jamais été mis en route ?

La ville a changé. Il faut en tenir compte. Je reconnais qu’on a pris du retard. On peut parler de tâtonnements mais pas d’échec. L’extension sera une réalité en 2007. On a besoin d’études complémentaires sur les sites à surveiller. Pour réduire les frais de fonctionnement, on ne mettra pas quelqu’un derrière les écrans 24 heures sur 24. Les cassettes peuvent enregistrer pendant 18 jours et rien ne nous interdit de surveiller en direct à certains moments choisis. Je crois tellement à la vidéosurveillance que j’ai écrit au président du conseil régional pour qu’il développe ce système sur les lycées. Un projet devrait bientôt voir le jour au lycée Rostand. Je souhaite qu’il en soit de même au lycée Saint-Exupéry.

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