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Ce théâtre forain français a été créé par un soldat de Napoléon.

Les ancêtres des « guignols » à l'hospice Saint-Charles
Françaises, africaines, asiatiques ou américaines, les marionnettes de toute la planète s’exposent à Rosny.
Le Courrier de Mantes
Publié le:  08 novembre 2006
Page 17 

Ce n’est pas par hasard que Christian Bertault est devenu collectionneur de marionnettes. Tout petit, son père, magicien de métier, l’emmenait voir des spectacles de Guignol. Quant à sa mère, elle était décoratrice. Cette double influence le fait choisir une profession dans le milieu artistique.

Cela fait aujourd’hui une trentaine d’années que, aidé de sa femme Dominique, le passionné collectionne les marionnettes. Sur les 700 qu’il possède, près de 300 d’entre elles sont visibles jusqu’au 17 décembre à l’Hospice Saint-Charles.

Du théâtre

aux jardins

La plus ancienne, une pièce très rare, est une marionnette à fil du XVIIIe siècle. On peut également admirer de nombreux théâtres de marionnettes comme par exemple un “théâtre forain français” créé par un dénommé Béranger, soldat dans les armées napoléoniennes. Ne pouvant reprendre son activité belliqueuse, il crée un théâtre ambulant qui devient vite le fleuron des planches itinérantes de France.

Ces petites scènes, à la fin du XIXe siècle, quittent progressivement les théâtres pour investir les salons et jardins publics comme les Tuileries ou le jardin du Luxembourg. C’est l’époque où Guignol s’installe pour distraire petits et grands avant que, progressivement, la poupée à fils devienne exclusivement spectacle enfantin.

L’autre intérêt de l’exposition réside dans l’explication des techniques de manipulation. L’animation des figurines est ainsi donnée soit par le haut, soit par le bas.

Pour les premières, une tringle fixée à la tête de la poupée permet de l’éloigner du manipulateur, rendant ce dernier moins visible et donnant ainsi l’illusion d’une autonomie de la marionnette. Mais il est également possible de manipuler celle-ci par-dessous ou par-derrière à l’aide de giges : c’est le cas des kulit d’Indonésie ou encore des ombres en peau de buffle du théâtre chinois.

Présent à l’exposition, Christian Bertault, de temps à autre, fait des démonstrations de marionnettes foraines. Samedi, lors du vernissage, il a montré comment on les présentait au début du XXe siècle. Il a ainsi fait défiler, devant un public ébahi, une succession de personnages, tels un clown jongleur antipodiste, un violoniste ou encore un squelette “magnétique”.

J.-M. G.

• Exposition ouverte tous les jours de 14 heures à 18 heures jusqu’au 17 décembre à l’hospice Saint-Charles, 30, rue nationale à Rosny.


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