Éduquer ses enfants, ça n’est jamais simple. Ça l’est encore moins quand ces problèmes se cumulent avec des problèmes d’ordre sociaux. « Quand on évoque les problèmes des jeunes de banlieue c’est bien beau de se demander ce que font les parents, affirme le maire, Jacques Saint-Amaux. Mais il faut se mettre à leur place. Être parents, c’est de moins en moins facile ».
Gérer le quotidien
Les professionnels de la jeunesse ont fait un constat : de plus en plus de parents ont du mal à gérer les relations avec leurs enfants au quotidien. « Ils sont en quête de réponses pour mieux éduquer leurs enfants », souligne Kamel Hadjaz du service Enfance Jeunesse.
C’est pourquoi, depuis trois ans, la ville propose des rendez-vous, des rencontres entre parents pour discuter de ces difficultés. La prochaine séance aura lieu le 10 novembre à la salle Kergomard. Les thèmes évoqués sont aussi variées que l’anorexie ou bien un adolescent qui a rompu le dialogue. Des professionnels, psychologues ou éducateurs apportent des éclaircissements. « Puis les parents peuvent en parler entre eux. Et c’est à ce moment-là qu’on se rend compte de l’importance de telles rencontres », raconte Julien Rouzière, adjoint à la jeunesse.
Le schéma traditionnel familial a changé selon lui : « Il y a de plus en plus de familles monoparentales. Les enfants sont donc amenés à être autonomes très tôt. Les adolescents ne sont pas plus difficiles qu’avant. C’est la société qui change. Avant l’enfant intégrait la famille. Aujourd’hui c’est la venue d’un enfant qui fonde la famille. Tout se concentre donc autour de lui. Et le moindre problème peut désarmer les parents ».
Associer les parents
« Nous ne souhaitons pas rééduquer les parents mais les aider pour mieux les associer à l’éducation », ajoute Kamel Hadjaz.
Les parents viennent souvent ici chercher des solutions. Au retour, pas forcément de réponses mais un soulagement. « Il n’y a pas de recette miracle. L’objectif est de créer un échange, un lien, entre les parents et les professionnels ou les autres parents », explique Kamel Hadjaz.
Déculpabiliser
Ces rencontres sont aussi l’occasion de créer un pont entre des familles qui ne sont pas forcément du même milieu social. Selon Kamel Hadjaz, « les parents qui se rencontrent ici sont de tous les milieux sociaux. Le fait de savoir que d’autres parents sont dans la même situation permet aussi de les rassurer et de les déculpabiliser et cela quel que soit l’origine sociale ».
Lors des deux précédentes éditions, il y avait quelques pères de famille présents. Mais Julien Rouzière et Kamel Hadjaz sont unanimes : « En majorité ce sont des femmes. Ce sont elles qui éduquent, qui portent les problèmes. Elles sont plus impliquées que les hommes ».
Faire en sorte que les pères s’impliquent plus dans l’éducation de leurs enfants. C’est peut-être par là qu’il faut commencer…
Adélaïde Haslé
Rencontre et débat sur le thème La médiation familiale, vendredi 10 novembre à 20 h, salle Pauline-Kergomard. Entrée libre.
Renseignements au 01 34 97 27 04.
Pour imprimer cet article
Envoyez cet article à un ami
Autres articles associés