La ronde durerait une heure à partir de 21 heures, un premier groupe pourrait rapidement se mettre en place dans le quartier de la Vigne-Blanche, un second est prévu aux Musiciens.
Notons que le projet n’est pas sorti du chapeau des relais citoyens, puisque d’après l’association de la Vigne-Blanche une initiative de ce type a déjà été essayée à Orléans avec succès.
La première réunion qui devait permettre de constituer une liste d’habitants volontaires s’est tenue mercredi dernier au centre social. Une vingtaine de personnes seulement, représentant plusieurs associations de quartier, notamment l’AFIRM, l’Association des parents de la Vigne-Blanche, l’association des locataires, ont participé à la réunion. Cinq jeunes adultes âgés d’une vingtaine d’années ont aussi montré leur intérêt pour ce projet.
Cette première réunion était une demi-réussite en raison du faible nombre de participants. Amina Abdallah, présidente de l’association des locataires de la Vigne blanche, déçue et visiblement lassée de ne retrouver que les militants chevronnés s’est étonné : « Tous les habitants étaient conviés, mais où sont-ils ? » « Il faut commencer par s’aider soi-même, si l’on veut que le quartier avance », a-t-elle ajouté. Le peu d’appétence des habitants pour cette initiative constituait, selon elle, un handicap pour poursuivre la réunion.
Pour d’autres, « les parents sont fatigués, et c’est aux grands frères de s’occuper des petits en leur faisant la leçon ». Une position venant conforter la “démission” de certains parents.
« C’est une belle initiative, mais avons-nous un droit particulier pour s’adresser à un enfant d’autrui ? », s’est interrogé un autre militant associatif. Il est apparu que le projet de “ronde”, fut-elle citoyenne, reste à définir plus précisément. C’est sans doute la raison pour laquelle les habitants présents se sont montrés plutôt partagés.
Tous les présents, éventuellement prêts à tenter l’expérience, conviennent toutefois que les parents dont les enfants posent des problèmes doivent se remettre en cause. « Tant que ces familles n’admettront pas qu’il y a un souci chez eux, on ne s’en sortira pas », a déclaré ainsi Amina Abdallah.
Les mères bien seules
L’intervention d’un père de famille a fait aussi bondir les femmes présentes, très engagées dans la vie de la collectivité : « Les responsables de l’éducation des enfants, ce sont les femmes. Même chose pour l’école ! » Bronca dans l’assistance féminine.
Fatoumata Touré de l’association des parents de la Vigne blanche s’est fait la première la porte-parole de la cause des femmes : « les parents sont responsables à deux, pas seulement les mères. Vous avez fait des enfants ensemble, vous les élevez ensemble ! » Coumba Camara est venu ensuite renforcer l’intervention de sa semblable : « les femmes sont présentes partout, dans les réunions de quartier, dans les réunions de parents, à la maison. Maintenant les hommes doivent se réveiller ! »
Pour rompre l’isolement des femmes, les relais citoyens préconisent justement des groupes mixtes pour constituer les rondes de parents.
L’échange qui a duré deux heures a tourné souvent à la palabre. Avec quelques moments d’authenticité africaine, comme lorsque cet habitant a livré ce proverbe bambara à méditer : « Ceux qui peuvent faire la route propre salissent la route, et se cachent la vérité ».
Une autre réunion a été fixée le 18 novembre à 20 heures au centre social de la Vigne blanche. Les relais citoyens veulent étendre cette démarche de “responsabilité citoyenne” au quartier des Musiciens.
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