Son adversaire, l’invaincu Henry “Sugar Poo” Buchanan, n’avait jamais rencontré un gaucher chez les pros. Avant le combat, dans un flot de déclarations ultra-confiantes (« Perdre est inenvisageable », « Mendy n’a encore rien vu », etc. ), l’Américain laissait percer une inquiétude : « Ça peut être embêtant de boxer un gaucher. » Mendy avait prévenu, lui, qu’il avait l’intention d’attaquer mais qu’il pourrait tout aussi bien choisir « de bouger et de danser s’il le faut. Je suis toujours agressif ».
Vendredi soir au casino de Santa Ynez (Californie), Mendy a donc surclassé l’Américain, remportant chacun des dix rounds. Au huitième round, Buchanan a pris un point de pénalité pour « coup bas », et Mendy lui a tiré la langue : « Buchanan s’était moqué d’Arias (son adversaire en quart de finale, NDLR), j’ai voulu lui rendre la pareille. Buchanan parlait beaucoup mais une fois sur le ring, il ne pouvait plus se cacher derrière ses déclarations. Je suis un champion, c’est avec les poings que je m’exprime, moi. »
« Jean-Paul a fait une démonstration », estime Raymond Soler, le président du club de Lucé (28), où Jean-Paul Mendy est aujourd’hui licencié. « Bizarrement, à sa descente du ring, les flics sont venus chercher Buchanan, on ne sait pas pourquoi. » Mendy de son côté a pris un avion pour Milan, où Frédéric Klose, un autre pugiliste de Lucé, défendait dimanche son titre de champion d’Europe des welters. « Il est venu en Italie encourager Klose », explique Raymond Soler.
Mendy rencontrera en finale Anthony Hanshaw, vainqueur de Lafarrell Bunting. Le combat aura lieu le 5 janvier 2007. Soler est confiant : « On y croit fermement. »






