Début septembre, les noctambules ont eu la surprise d’entendre le donjon respirer ! C’était une respiration profonde ou un souffle accéléré semblable à celui d’un athlète après l’effort. Mais qui pouvait bien se cacher dans le donjon ? Seulement un couple de chouettes effraies et leurs quatre petits, ayant élu domicile dans les pierres séculaires de la tour.
« En 1997 le premier adjoint Marcel Roumagnac, et les services techniques, nous ont aidé à installer un nichoir dans l’épaisseur de la muraille, explique Dominique Robert, président du comité local du centre ornithologique de l’Ile de France CORIF. Pendant neuf années, ce nichoir n’a été peuplé que de pigeons et puis le miracle s’est produit : les pigeons ont été chassés par ce couple de chouettes effraies. Et ceci pour une installation définitive car, en principe, les effraies sont fidèles à leur gîte.»
La chouette effraie mérite bien son surnom de Dame blanche. Ses couleurs très claires dominent sur les parties de sa robe les plus exposées : le masque facial en forme de cœur, le dessous de ses ailes ouvertes, les pattes et le ventre gris blanc à peine piqueté de petites tâches brunâtres.
C’est dans cette robe blafarde qu’elle apparaît furtivement comme un fantôme dans la lumière des éclairages du donjon. Elle ne sort généralement de son gîte qu’à la tombée de la nuit et à l’aube.
Afin de pouvoir chasser dans l’obscurité, la dame blanche, comme tous les rapaces nocturnes, possède des atouts particuliers : la vue nocturne une ouïe extrêmement fine et le silence du vol.
Intarissable sur le sujet, Dominique Robert poursuit : « Il faut bien insister sur le fait qu’il s’agit d’oiseaux venus spontanément et librement s’installer dans le donjon. Ce gîte est très bien placé, non loin de terrains de chasse comme la vallée de l’Opton.»
34 familles
A l’ère d’internet, des jeux électroniques, des plaisirs rapides et éphémères, cette installation est très symbolique : cet oiseau caractéristique des petits villages ruraux a trouvé sa place dans une bourgade. C’est aussi une belle rencontre entre la nature et la culture, entre la vie sauvage et les vieilles pierres chargées d’histoire de France.
Cette famille de chouettes effraies figure désormais parmi les trente-quatre autres qui occupent la centaine de nichoirs installés par le CORIF du Pays Houdanais.
Pour imprimer cet article
Envoyez cet article à un ami
Autres articles associés