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Une étude de déplacement de l’équipement a été « actée » entre les élus et le préfet de région, vendredi. |
C’est le serpent de mer du Mantois. Régulièrement, la disparition du péage revient dans l’actualité locale, sans qu’au fond rien ne bouge sérieusement. En va-t-il être autrement cette fois ? Apparemment oui.
Vendredi, à Versailles, le préfet de région Bertrand Landrieux, le président du conseil général et de nombreux maires de la vallée de la Seine se sont réunis pour évoquer l’opération d’intérêt national qui doit, notamment, ramener la croissance économique au nord du département et améliorer ses réseaux de transport.
Hypothèses
Il a aussi été question du lancement d’une étude de déplacement de la gare de péage de l’autoroute. C’est en tout cas ce qu’a annoncé Pierre Bédier lundi : « Nous avons évoqué le principe d’une étude de déplacement du péage de Buchelay, détaille le président du conseil général des Yvelines. Elle doit s’articuler autour de plusieurs hypothèses : son maintien à l’emplacement actuel, ce qui induirait des travaux pour améliorer la circulation vers la plaine de Buchelay ; son déplacement à une centaine de mètres, ou plus loin encore, avant ou après Bonnières. »
Quelle que soit l’option retenue, la suppression de la halte à péage a deux objectifs : soulager le quotidien des habitants de Rosny, Rolleboise, Bonnières, trois villes traversées par une nationale 13 quotidiennement saturée de voitures, camions et poids lourds soucieux d’éviter d'avoir 2,10 € à débourser à chaque passage.
L’effet d’un déplacement du péage sur ce trafic de transit serait donc immédiat. Il signifierait aussi la fin de bouchons récurrents lors des départs vers la Normandie, les vendredis après-midi et samedi, mais aussi davantage de fluidité sur et autour des bretelles d’accès est de l’autoroute.
Autre argument en faveur de l’éloignement du péage, et non des moindres : le développement économique du Mantois et du Bonniérois. La halte constitue sinon une barrière au moins un frein à l’implantation de nouvelles entreprises et à la création d’emplois sur ces territoires.
Pierre Bédier est d’ailleurs catégorique : « Sans déplacement du péage, il ne peut pas y avoir de développement à l’ouest de l’agglomération mantaise. » Bref, l’éloignement de l’équipement de la SAPN s’avère « impérieux ».
Horizon 2009
Pourquoi seulement aujourd’hui ? « Parce qu’il y a une opération d’intérêt national », rétorque Pierre Bédier.
Quant au calendrier, « il faudra à peu près six mois pour obtenir les résultats de l’étude, ce qui nous amène au printemps 2007. Elle présentera les différentes hypothèses et leur coût. »
S’agissant d’un ouvrage peu compliqué à réaliser, la reconstruction d’une nouvelle halte à l’horizon 2009 est un objectif raisonnable, à entendre le président du conseil général. Une date qui correspond aussi à « l’amélioration de la desserte ferroviaire » du Mantois, précise-t-il.
Alors effet d’annonce ou véritable engagement des pouvoirs publics ? Le principe de l’étude est, quoi qu’il en soit, « acté », selon Pierre Bédier.
1 franc par voiture en 1963
La première partie de l’autoroute Paris-Normandie a été construite dans le Mantois. Longue de onze kilomètres sur la partie mantaise, elle devait être une dérivation de la route nationale 13, entre le lieu-dit Chantereine, à Mantes-la-Ville, et Bonnières.
Les travaux ont démarré en 1956, avant d’être interrompus, faute de crédits, les deux années suivantes.
Le chantier a donc repris en 1959 et permis, dès novembre 1960, la mise en service partielle de la chaussée sud dans le sens province-Paris. Les plus gros terrassements ont porté sur un million et demi de mètres cubes et coûté 34 millions de francs de l’époque, pour une longueur de 14,5 km.
Boutons de culottes
Une nouvelle tranche de 7 km, entre Bonnières et Chaufour, était à l’époque programmée pour 1964. Une autre de 23 km, vers Orgeval, devait suivre en 1965, puis en direction de Louviers, sur 28 km deux ans plus tard, etc.
Le premier tronçon a rapidement donné lieu à la perception d’un péage : 1 franc par voiture et 2 francs par poids lourd. La circulation était gratuite pour les deux-roues. Aujourd’hui, les barrières se lèvent moyennant 2,10 €.
L’ouvrage de Buchelay comptait alors huit guichets, dont six pour les automobilistes « pourvus de monnaie ». « Les appareils automatiques d’encaissement sont pourvus d’un panier en matière plastique blanche en forme d’entonnoir, expliquait “Le Courrier” en août 1963. Un feu bicolore se trouvant en avant du capot de la voiture se met alors au vert, indiquant au conducteur qu’il peut démarrer. Les resquilleurs - qu’ils jettent des pièces truquées ou des boutons de culottes dans les corbeilles ou qu’ils brûlent le feu rouge - sont tout de suite signalés. Le conducteur est alors pris en chasse par les motards de la gendarmerie. »




