Depuis la sortie de la nouvelle Clio, l’usine n’avait pas connu de période de fermeture, même en été, ce qui est très rare.
Alors qu’ils tournaient à plein régime depuis un an, les ateliers vont baisser la production sur Clio de 1 300 véhicules par jour à 1 100 véhicules le mois prochain.
Inquiétude
Compte tenu du contexte assez morose du secteur de l’automobile, les syndicats craignent que la tendance à la baisse de la production ne se confirme l’an prochain. « Il y a la conjoncture, et il y a les choix de la direction générale. Elle a décidé en effet de ne fabriquer que des véhicules assurant des marges confortables. Choisir la profitabilité contre les volumes ne sera pas sans conséquences sur l’emploi pour les usines de fabrication », déclare le syndicat Force Ouvrière, syndicat majoritaire.
À l’usine de Flins, la baisse de commandes sur Clio III, le véhicule le plus vendu de la gamme Renault, est à l’origine de l’annonce de quatre journées non travaillées en octobre (6 octobre, 16 octobre, 23 octobre, 27 octobre), ainsi que d’un jour par semaine en novembre (toutes les équipes Clio, Twingo et Normale sauf CDPR, et ateliers à pièces, seront concernées) et d’une semaine en décembre à la période des congés de fin d’année (du 22 décembre au 31 décembre).
« En vertu de l’accord 35 heures en vigueur, ces journées sont déduites du capital temps collectif », indique le syndicat Force Ouvrière. « Concernant les journées de fermeture de fin d’année, les gens sont plutôt demandeurs. Mais il demeure beaucoup d’interrogations pour l’avenir de l’usine de Flins. »
Récemment, une partie de la production de la Clio est passée à l’usine de Valladolid, le modèle est également produit à Bursa (Turquie). Cette tendance à délocaliser la production française est sans doute aussi le sujet qui inquiète le plus les salariés. Ils craignent l’arrêt définitif de l’équipe de nuit numéro 7 créée pour Clio III.
« Il y aura sans doute d’autres journées non travaillées dans l’année (elles seront annoncées au CE du 25 octobre, NDLR) car avec l’arrêt de la Twingo au printemps prochain, et l’arrêt probable de l’équipe 7, l’usine n’aura plus qu’une ligne et deux équipes. Nous allons nous retrouver à un niveau de production de 220 000 véhicules alors que nous sommes en capacité d’en produire 320 000 », ajoute Claude Turpin secrétaire adjoint du CCE (FO).
La direction de l’usine de Flins a déclaré aux partenaires sociaux qu’elle ajusterait les effectifs avec le volet d’intérimaires. Une décision qui n’est pas satisfaisante pour Force Ouvrière. « Les intérimaires ont eux aussi besoin de travailler », souligne le syndicat.
« Afin d’éviter des licenciements, nous souhaitons que la direction relance un dispositif de départs volontaires. De nombreux salariés âgés de 55 à 58 ans pourraient être intéressés », complète Force Ouvrière.
Les partenaires sociaux lancent d’autres pistes pour protéger l’emploi. Notamment, la reconquête du marché des loueurs de courte durée et des flottes commerciales tels La Poste et EDF, hier clients fidèles de la Clio.
Pour Force Ouvrière, les temps qui viennent seront durs à Renault-Flins. Aucun nouveau véhicule n’est en effet prévu avant 2009. La nouvelle Twingo présentée au salon de l’automobile sera, elle, produite à Novomesto (Slovénie).
La direction de l’usine constate « un contexte difficile pour Renault en cette fin d’année 2006 ». Elle confirme qu’à Flins, la baisse des commandes aura des répercussions sur la production. « Le contexte commercial en fin d’année n’est jamais favorable (...) Renault comme Peugeot sont touchés de plein fouet par la morosité du marché », déclare-t-elle. Selon la direction de l’usine, il n’y a pas cependant matière à dramatiser : « Clio continue de faire ses preuves sur le marché en restant un modèle très compétitif, tandis que Twingo marche très bien... si bien que nous augmentons les cadences », assure-t-elle confiante. Dans le transfert de la production de 200 Clio par jour à l’usine de Valladolid, « la logique de groupe a prévalu », complète-t-elle. Une « logique » que les salariés du site de Flins sont invités à « comprendre » sinon à accepter.






